Roger Federer... Une fluidité extraordinaire, un geste parfait, une constance remarquable, et un mental d'acier. Sur les cours, Roger se démarque. Son aisance déconcerte, sa précision assome, sa détermination laisse pantois.
Fair-play jusqu'au bout de la raquette, le King of Tennis survole ses adversaires, aussi bien sur dur que sur gazon, et ce, tout au long de la saison.
Malgré cela, Roger reste modeste :
"J'ai simplement eu de bons entraineurs", déclare t'il avec le sourire,
" je ne suis pas invincible".
Mais après un tel palmarès, qui aura pu douter?
A son égard, les éloges fusent:
"Il est plus complet que Sampras", confie l'ancien joueur, Tim Henman.
"Sampras avait un meilleur service, mais, à l'époque, il était plus facile de jouer un jeu agressif. Aujourd'hui, Federer est très efficace parce que son jeu est diversifié." Rien ne semblait pouvoir stopper l'hégémonie du champion. Confiant en son tennis, Roger Federer gardait un seul objectif en tête: battre le record de Pete Sampras.
Et pourtant...
Début 2008, tenant du titre, Federer se fait sortir de l'Open d'Australie par Novak Djokovic. Affaibli par la mononucléose, le Suisse n'est plus que l'ombre de lui-même. Lors du tournoi suivant, à Dubaï, au premier tour, Andy Murray dispose de Roger en 3 sets.
"J'ai manqué des coups droits qui sortaient de deux ou trois mètres, c'est terrible." raconte t'il à la presse.
Tout au long de la saison, le Suisse inquiète. Son tennis est incertain, et, même sur les courts, le grand Roger Federer semble soucieux. Malgré deux victoires, l'une à l'Open d'Estoril en Espagne, et l'autre à l'Open de Halle, en Allemagne, il ne parvient pas à rassurer.... La presse s'interroge : En a t'il bien fini avec la mononucléose? Roger, lui, affirme que tout va pour le mieux :
" Ce n'est pas moi qui joue moins bien, ce sont les autres qui jouent mieux! ".
Arrive son tournoi favori: Wimbledon. Roger l'a toujours dit, Wimbledon, c'est son jardin. Les attentes sont énormes aux vues de son parcours en début de saison. Le quintuple tenant du titre a de quoi s'en faire, il affronte un Rafael Nadal en pleine ascension, et assoiffé de prendre sa revanche sur l'année précédante.
5 sets: 6-4, 6-4, 6-7, 6-7, 9-7 ...Et le Maître s'incline au bout de 4h48 de match d'une intensité rare.
"C'est un désastre" confie le grand perdant,
"Le match est fini, je suis déçu, je suis cassé. C'était sans doute un très beau match à voir. Mais là... Il faut laisser un peu de temps et essayer de recommencer à bien jouer dans le futur." Ce jour là, Federer perd sa couronne, et sa place de numéro 1.
Mais pour Roger, le futur ne se fait pas attendre bien longtemps. Quelques semaines plus tard, à l'US Open, l'ex numéro 1 mondial rejoint Andy Murray en Finale. Le score est sans appel pour l'écossais: 6-2, 7-5, 6-2.
"Rebondir si vite est le meilleur scénario pour moi", dit Roger qui devient le seul joueur de l'Histoire à gagner deux Grands Chelems différents, 5 fois d'affilés (Us Open et Wimbledon).
"Je suis fier de ce que j'ai accompli", ajoute t'il.
"Personne ne l'a jamais fait. C'est incroyable. Je me disais que ce n'était faisable qu'à Wimbledon, alors avoir refait ça à l'US Open, c'est fantastique. Cette victoire à une saveur spéciale".

Belle preuve de combativité pour un Champion que les mauvaises langues condamnaient déjà. Au delà de ses lourdes défaites, Roger Federer a su redresser la tête et garder en vue la saison 2009, durant laquelle il compte bien reprendre sa place de numéro 1.
Mais, coincé entre deux jeunes joueurs aux dents longues (Nadal et Djokovic), le Suisse a de quoi rester sur ses gardes.
"On ne peut pas toujours être au top", dit-il lors de ses défaites. Peut-on vraiment lui en vouloir après 4 années extraordinaires, passées à pratiquer son meilleur tennis?
Allez, Roger, encore un petit effort pour atteindre le record de Pete Sampras (14 victoires en Grand Chelem)...Quant à celui de nous faire rêver, l'objectif est, d'ores et déjà, atteint.