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A l’heure de rendre des comptes

C’est à Londres que se disputera la célèbre finale des Masters qui oppose depuis 1970 les huit meilleurs champions de l’année sélectionnés à la sueur de leur front après avoir atteint les plus hautes places des podiums internationaux. Et, autant dire que la tension risquerait bien d’être rapidement palpable sur le central du gigantesque 02 Arena entre la majorité des protagonistes qu’une année 2009 particulièrement chargée a galvanisé jusqu’aux baskets.

De son côté, Roger Federer du haut de ses 61 titres – dont quatre en Finale des Masters – n’aurait presque rien à craindre de personne si ses résultats récents en indoor n’avaient pas laissé planer un goût d’inachevé. Déjà, sa défaite en finale de l’US Open annonçait elle un léger passage à vide que le n°1 mondial préférait dissimuler bien au chaud dans sa Suisse natale pendant que ses collègues de labeur trempaient leurs maillots sur les courts asiatiques de l’autre bout du monde. Puis, sa remise en route à Bâle devant un public attentif avait immédiatement remis les choses à leur place et couvert les journaux de titres éloquants qui criaient déjà à la renaissance du Maître Federer.

Seulement voilà, il y en avait un qu’on redoute souvent sans pour autant le craindre et qui possède dans sa raquette l’un des plus beaux tennis de cette dizaine. Venu de Serbie, le jeune Novak Djokovic n’avait, quant à lui, pas encore satisfait sa soif de victoires malgré ses 14 titres antérieurs, dont celui de Beijing qu’il décrochait face à un Marin Cilic particulièrement pugnace. Et celui-là comptait bien vampiriser jusqu’au dernier de ses adversaires pour s’annoncer clairement comme l’homme fort de cette fin de saison. Ce n’est ni un Roger Federer battu chez lui en finale 6-4 4-6 6-2, ni un Rafael Nadal épinglé 6-2 6-3 sur son fond de court à Bercy, qui en auraient dit le contraire.

D’ailleurs, si les fans inconditionnels de l’Espagnol aux 36 titres trouveront peut-être la critique difficile en cette fin de saison, il n’en reste pas moins que leur courageux n°2 mondial n’a certainement pas dit son dernier mot malgré un retour difficile en indoor où il n’a guère pour habitude de s’illustrer. Cette année ternie par des blessures lui aura peut-être causé un affaiblissement physique passager, mais ne lui aura en rien ôté son caractère volontaire et résolu qui le pousse toujours un peu plus aux bords de ses propres limites. Si la machine connait quelques remous, le moteur quant à lui continue à carburer et pourrait éventuellement amener le champion à puiser dans ses ressources pour tenter d’aller décrocher une place de n°1 mondial qu’il avait perdu en milieu d’année, au bénéfice du grand Federer.

Voici qui, déjà, annonce une atmosphère particulièrement électrique entre les trois premiers mondiaux, et que dire de celui qui les talonne de très près et qui, pour ajouter à sa motivation déjà gargantuesque, aura le soutien de ses îles britanniques auxquelles il appartient? Andy Murray, 22 ans, 14 titres et déjà une finale en Grand Chelem… Un palmarès très honorable mais certainement pas à la hauteur de son jeune talent à la détermination insatiable. Cette année, l’actuel 4e mondial n’aura décidement eu peur de personne: Rafael Nadal, Novak Djokovic, Roger Federer auront tous subi les foudres de son ambition grandissante qui le pousse continuellement à disposer d’un tennis toujours plus solide pour laisser à ses adversaires le goût amer de l’impuissance qu’apporte ses victoires.

Alors, de ceux qui suivent, il n’y aurait peut-être qu’un Juan Martin del Potro, dont le grand public aura enflammé les explois à l’US Open où il évincait Roger Federer d’un sixième titre consécutif, qui pourrait relever éventuellement les défis que se sont lancés les plus grands si ses prestations récentes ne l’écartaient pas légèrement du brillant quatuor. Mais si l’Argentin n’a pas encore confirmé depuis son sacre inattendu à Flushing Meadows, il demeure cependant un candidat sérieux et adepte des défis titanesques dont il possède toute la carrure.

Et puis, toujours présent et toujours menaçant, le brave Nikolay Dayvdenko depuis 2005 ne cesse de répondre présent à ce grand rendez-vous de fin d’année où il avait atteint les demi-finales lors de la saison précèdente. Fier de ses 18 titres actuels dont un grapillé à l’Espagnol Rafael Nadal au Masters 1000 de Shanghai, il y a quelques semaines de cela, le Russe téméraire pourrait bien accepter le bras de fer et venir bousculer de part son expérience les joueurs les plus ambitieux.

Enfin si ca n’est par l’âge, Fernando Verdasco et le très contreversé Robin Soderling seront les deux petits nouveaux qui effectueront leurs premiers pas en Finale des Masters. Solides sur terre comme sur dur, ces joueurs là demeurent toujours de ceux que doivent craindre même les plus endurcis, car ils possèdent dans leurs raquettes quelques surprises que les grandes occasions révèlent et subliment pour le plus grand plaisir des amateurs d’évènements impromptus, comme les 1/8e de finale à Roland Garros cette année où un Rafael Nadal entamé perdait sa couronne sous le joug d’un Robin Soderling au sommet de sa forme.

Pourtant de ces huit là, un seul sera sacré Maître des Maîtres au sein de la O2 Arena que l’on pourrait bien voir trembler sous les assauts de nos champions. Alors, qui se montrera le plus habile des huit? Qui se hissera jusqu’au titre tant convoité que chamarre un butin conséquent, reservé à celui qui se montrera sans failles? La réponse le 22 Novembre, jour où débuteront les hostilités.
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