Mercredi 3 Juin
J-M. Del Potro/T. Robredo
6-3 6-4 6-2
Q. Vous avez donné l'impression d'avoir le contrôle du match dès le début. Est-ce vraiment ce que vous avez ressenti ?
R. Non, pas du tout. En entrant sur le court, j'étais nerveux. J'étais nerveux sur chaque point, sur chaque balle. Tommy est un combattant. Il se bat sur chaque balle, sur chaque point. Même lorsqu'il est mené 40 à rien. Pour moi, cela a été très difficile de plier le match.
Q.Aller si loin dans un Grand Chelem, qu'en pensez-vous ?
R. Je suis très heureux. Ce sont mes premières demi-finales dans un Grand Chelem. Evidemment, je suis très heureux.
Q. Vous allez affronter FEDERER en demi-finale. De nombreux joueurs et amateurs detennis aimeraient que Roger remporte le titre, le seul qu'il n'ait pas encorer emporté. Cela ne vous met pas la pression pour votre prochain tour ?
R. Quand on arrive au stade des demi-finales,tout le monde veut gagner. Tout le monde veut battre Roger. Si j'ai les moyens de remporter ce tournoi, j'aimerais le faire. Si je n'en ai pas les moyens,j'aimerais effectivement que ce soit Roger.
Q. Vous avez bien amélioré votre jeu sur terre battue. Vous vous entraînez avec Franco à Wimbledon. Comment vous a-t-il aidé à modifier votre jeu sur terre ?
R. Il m'a aidé au niveau de mon déplacement,de mon coup droit, de mon revers également. Je peux maintenant jouer pratiquement comme sur surface dure. Je jouais déjà bien sur surface dure il ya deux ans, mais mon jeu ici est pratiquement le même. C'est un avantage pour moi.
Q.Félicitations. Raconte-nous tes sensations pour ces demi-finales ? Que se passe-t-il dans ta tête ?
R. Je suis très content d'être en demi-finale d'un Grand Chelem. Ce match a été très difficile. Nous savions tous les deux quenous avions des opportunités. Le plus important était de gagner. Le plus important, c'était de faire face vendredi prochain contre FEDERER. C'est ce qui comptait.
Q. Tuviens de dire que c'était un match que tu n'as pas bien joué. Pourquoi dis-tu cela ?
R. Je pense que j'ai mieux joué contre Tsonga.Mon service était bien meilleur aujourd'hui. Tout au long du match, j'étaistrès nerveux. Je n'arrivais pas vraiment à rentrer dedans. Mes jambes étaient très tendues. De l'extérieur, peut-être voyez-vous les choses autrement, maisj'étais très tendu. Tommy a très bien joué. Le score ne reflète pas vraiment cematch. Il a très bien joué. Mais j'ai suffisamment bien joué pour gagner.
Q.Félicitations. Qu'as-tu dit à Federer lorsque tu lui as offert le tee-shirt de Boca Juniors ? C'était une espèce de pari ?
R. Non. Si je gagnais, je le lui reprenais ! Non, nous n'étions pas encore en quarts de finale.
Q. Hier comme aujourd'hui, tu as eu du mal à conclure le match. Pourquoi ?
R. Tout à fait. Au dernier set, je n'arrivais pas avec mon service. Nous sommes arrivés à 40 partout. Mais c'était ma faute, j'étais très nerveux et je voulais finir vite. Plus je voulais finir vite, moins cela marchait. Je me suis précipité. Voilà ce qui m'a fait un peu souffrir. Heureusement, j'ai réussi à finir à 5-2. Sinon, cela aurait été plus difficile encore.
Q.Comment imagines-tu le match vendredi prochain contre FEDERER ?
R. Très difficile. Tout le monde sait comment il joue et ce qu'il cherche lors de ce tournoi. Maintenant que Rafa n'est plus là. Je continue d'avoir des attentes, des objectifs. Nous avons tous les deux les mêmes opportunités. J'aimerais bien remporter ce match.
Q. Tu disais que tu avais de bons souvenirs, de bonnes sensations, la dernière fois que tu avais joué contre lui à Madrid. Crois-tu avoir de bonnes possibilités de gagner ici ou y a-t-il des choses qu'il faut que tu modifies, que tu améliores ?
R. A Madrid, j'ai eu des opportunités que je n'ai pas forcément utilisées. Nous avons eu d'autres expériences mais, pour gagner contre lui, il faut que je sois à 100 %, mon service, mon jeu et mentalement, évidemment. J'espère qu'il fera quelques erreurs de temps entemps, comme il en a fait contre Haas, 4-3 au troisième set, balle debreak. Il faut être très, très présent et, dès que les occasions se présentent,en tirer profit.
Q.Félicitations. Quelle est l'origine de ton nom, Del Potro ?
R. Je n'en ai pas la moindre idée.
Q. Ce sont tes grands-parents ? D'où viennent ils ?
R. De Tandil, ma ville.
Q. Quelle sera ta tactique pour jouer contre FEDERER ? En as-tu déjà parlé avec Franco ou pas ?
R. Non. Nous nous sommes vus après le match. Nous aurons le temps demain de préparer la tactique.
Q. Ce n'est pas vraiment pour l'adversaire, mais le fait d'être arrivé en demi-finale était la victoire la plus importante de toute ta carrière ?
R. Non, j'en ai eu d'autres. J'ai eu d'autres victoires très importantes aussi. Je ne n'avais jamais remporté un quart de finale de Grand Chelem. Néanmoins, concernant les victoires contre de grands joueurs, j'en ai eu d'autres bien plus marquantes.
Q.Qu'est-ce qui te fait plus de souci face à FEDERER ? Son jeu ou ce qu'il représente ?
R. Un peu de tout. D'un point de vue tennistique, il fait tout bien. Tout. De plus, son style me dérange beaucoup.Il me gêne beaucoup. C'est la raison pour laquelle je n'arrive pas très bien à gagner sur lui. Nous avons déjà joué plusieurs fois. Je le connais. Je sais ce qu'il va faire. Je vais tout faire pour bien rendre le service, pour le faire douter,pour ne rien lâcher.
Q.Mises à part les différences de surface, en Australie, tu as joué un premierset correctement. Par la suite, tu sentais qu'il y avait des choses qui ne pouvaient pas s'améliorer et tu as lâché prise. Tu as perdu. Par rapport à cette fois-ci, qu'en penses-tu ?
R. En Australie, il a joué extrêmement bien.Je n'ai rien pu faire. A la fin, il m'a dit que cela faisait longtemps qu'il n'avait pas joué comme cela. Ici, si j'ai pu remporter un set, je peux enremporter un deuxième. Je peux remporter le match. J'ai la possibilité decombattre. En même temps, j'aimerais prendre plus de plaisir, le stade, le public, jouer dans un stade aussi important.
Q.Avant le match, tu as parlé d'un match régulier. Tu parlais du fait qu'il fallait déplacer Tommy, faire bouger Tommy. Finalement, la tactique a été différente.
R. De l'extérieur, on voit les choses d'une façon différente. En réalité, j'ai beaucoup couru, je me suis beaucoup déplacé.Il a eu des points très forts sur son service. En même temps, nous avons eu toute une série d'opportunités. Si au troisième set j'avais été breaké, nous aurions encore été sur le court.
R. Tu parlais tout à l'heure de la tension, de la nervosité. Penses-tu que tu seras aussi nerveux contre FEDERER ? Est-ce un facteur déterminant pour que ton jeu en souffre ?
R. Tout le monde est nerveux. Nous avons tous un peu le trac, c'est normal lorsque les joueurs en lice sont très forts. Tous les joueurs passent par là. Nous sommes tous nerveux. Contre Roger, je n'ai pas le choix. Il faut vraiment que je joue mon tennis, que je joue mon jeu. Sinon,je ne n'arriverai à rien.
Q. Ta famille et tes amis sont-ils là pour t'encourager ? Sinon, pensent-ils venir après ?
R. Je suis avec Franco, Martiniano et d'autresamis. Ma famille et mes amis proches sont à Tandil. Il faut un peu plus de temps pour qu'ils viennent.
Q. J'ai vu un geste d'émotion spécial à la fin du match. Est-ce la signification de ce que tu avais réussi ? Chaque fois que tu gagnes, fais-tu le même geste ? Tu pointes le ciel. Est-ce une dédicace spécifique ?
R. Oui, oui. C'est pour ma famille. J'étais très ému, c'est vrai. C'était ma première demi-finale. C'était un match où j'étais très nerveux, plus que d'habitude. C'est la raison pour laquelle j'aifait ce geste vers le ciel.