Dimanche 31 Mai
R. NADAL/R. SODERLING
2-6 7-6 4-6 6-7 Q. Rafa,quatre victoires d'affilée, et toutes choses doivent se terminer. C'est arrivé pour toi aujourd'hui.T'attendais-tu à un tennis aussi puissant de la part de Soderling avant le match ? As-tu été surpris par sa manière de jouer, le fait qu'il frappe la balle si fort, surtout sur son coup droit, mais d'une manière générale ? R. Non, il ne m'a pas surpris parce que je sais comment il joue, je sais combien il peut être dangereux. Je n'ai pas joué mon meilleur tennis, je n'ai pas suffisamment attaqué, j'ai joué trop court. Je lui ai rendu la tâche assez facile à ce niveau. Quand un joueur joue mal, il doit perdre ; c'est ce qui s'est passé aujourd'hui. Je dois l'accepter avec le même calme, que je gagne ou que je perde. Au bout de quatre ans, je perds ici, mais la saison continue.
Q. Rafael,avez-vous été surpris qu'il ait pu tenir ce niveau de jeu tout au long du match ? Vous ne vous disiez pas, à un moment, il va craquer ? Et il n'a jamais craqué. R. J'ai vraiment joué très court. Je n'ai pas été agressif, je n'ai pas joué avec calme, à aucun moment pendant le match je n'ai joué avec calme. Du coup, cela lui a permis de maintenir son niveau de jeu pendant tout le match.C'était plutôt ma faute. Il a bien joué, il a très bien joué. Mais je n'ai pas joué mon meilleur tennis. Je n'ai pas joué mon tennis, c'est la raison pourl aquelle j'ai perdu. C'est tout. Je veux simplement le féliciter. Je vais continuer à travailler, à travailler dur pour les prochains tournois.
Q. Andy Murray nous a dit que le vent était difficile à jouer, beaucoup plus que d'habitude.Est-ce peut-être une des raisons qui expliquent que vous ayez joué si court ? R. Non, le vent est là pour les deux joueurs. Je ne vais pas essayer de me chercher des excuses. J'ai joué trop court parce que j'ai joué trop court, ce n'était pas mon jour.
Q. Peut-être avez-vous joué trop de tournois jusqu'à présent. Comment allez-vous vous préparer pour Wimbledon ? R. Quand vous perdez, tout le monde essaie d'analyser, peut-être que je suis fatigué, peut-être que j'ai joué trop de tournois... Attendez, j'ai gagné quatre années consécutives en jouant exactement de la même manière, le même nombre de tournois. Cette année, j'ai fait pareil et j'ai perdu. Ques’est-il passé ? J'ai perdu, c’est tout. J'aurai d'autres opportunités de gagner le tournoi ici, c'est toujours un grand événement pour moi, c'est un objectif.C'est un match.
Q. Et la préparation pour Wimbledon ? R. Pour l'instant, je vais me préparer à me mettre dans ma piscine, chez moi, à la maison ! (Rires.) Donnez-moi deux, trois jours pour que je réfléchisse à la manière dont je vais me préparer pour Wimbledon.
Q. Vous avez l'air fatigué, vous sentez-vous épuisé ? Vous sentez-vous fatigué physiquement,mentalement ? R. Non, je me sens bien.
Q. Rafa, vous prenez les choses avec humour, mais ça doit faire mal quand même cette première défaite à Roland Garros, soyez honnête ? R. Ce n’est pas mon meilleur jour. Je ne suis pas très heureux, c'est vrai. Vous savez, c'est toujours dur de perdre sur un Grand Chelem, surtout le tournoi du Grand Chelem sur lequel vous avez les meilleures chances par rapport aux autres. Je me suis bien défendu sur l'Australie, sur Wimbledon… L'année dernière, je suis allé en demi-finale en Australie, à moi de continuer à travailler. Cette défaite aujourd'hui n'a rien à voir avec ma préparation physique ou mentale. Je n'ai pas été parfait, mais ça veut dire qu'il faut queje travaille encore plus pour être prêt au prochain événement.
Q. Vous deviez bien savoir que ce jour viendrait. Etes-vous surpris qu'il soit arrivé si vite ? R. Je ne sais pas. Vous trouvez que c'est tôt au bout de quatre ans ? Qu'en pensez-vous ? Vous en connaissez beaucoup qui ont gagné quatre années consécutives ici ? Il faut bien perdre un jour.
Q. Rafa, vous étiez tellement fort l'année dernière ici, à Paris, si vous deviez comparer votre niveau d'aujourd'hui à celui de l'année dernière, cela voudrait dire que vous n'êtes plus aussi fort mentalement ou physiquement ? Quelle est la différence ? R. Attendez, j’ai perdu, c’est tout ce que je peux dire, je n'ai pas joué mon meilleur tennis aujourd'hui. Maintenant, il va falloir que j'analyse pourquoi cette défaite aujourd'hui, mais je pense que les choses sont beaucoup plus simples, ce n'est pas de savoir si je suis moins fort qu'avant, si je suis moins prêt mentalement qu'avant. Je n'ai tout simplement pas joué mon tennis aujourd'hui. Je n'étais pas prêt à battre un aussi bon joueur que Soderling. A moi maintenant de l'analyser et de me préparer à la prochaine confrontation sur un autre tournoi important.
Je pense que j'étais prêt pour tout, si je n'étais pas prêt cette année,je ne sais pas comment je pourrais l’être, j'ai quand même gagné beaucoup de tournois, j'étais donc à mon meilleur niveau au début de la saison.
Q. Maintenant quevous êtes out, à votre avis, qui peut remporter le tournoi, Andy Murray ? R. Je ne sais pas, il y a aussi Davydenko, Verdasco, Del Potro. On verra bien. Selon moi, le favori, c’est quand même Federer.
Q. Jouer contre Soderling,pensez-vous qu'il puisse entrer dans les 10 meilleurs d’ici peu ? R. Il a quel âge ?
Q. 24 ans. R. Oui, alors il peut.
Q. A partir du deuxième set, certains d'entre nous pensions que tu allais garder et gagner le match, qu'est-ce qui t’a fait perdre ton calme ? R. Non, à aucun moment je n'ai été calme. C'est la réalité. Plutôt que perdre mon calme, le match a très mal commencé pour moi, ensuite j'aurais dû gagner le deuxième set 6-4. il y avait le vent, c'est un mauvais signe, et le fait de ne pas être suffisamment calme pour faire face aux moments. Après, j'ai lutté certainement, mais la lutte souvent n'est pas suffisante, il faut surtout bien jouer au tennis. Très souvent, les gens pensent que je gagne en raison de mon physique, de la bataille que je livre. Non, quand je gagne, c'est parce que je joue bien au tennis. Ca n'a pas été le cas aujourd’hui. Il faut dire qu'il ya eu des moments importants, je n'en n'ai pas profité par manque de calme et parce que je n'ai pas bien joué.
Q. Vous avezr épondu à cette question en anglais, pouvez-vous y répondre en espagnol ? Avec Djokovic dehors et vous qui avez perdu, qui seraient les meilleurs joueurs ? R. Tous ceux qui sont aux quarts de finale, à mon avis, auront leur chance. Federer est certainement le favori.
Q. Cette défaite grandit encore plus tes victoires, ce que tu as réussi jusqu'à présent et ce que tu pourras faire à l'avenir ? R. Non, les défaites ne grandissent absolument pas, malheureusement. On se rend compte aussi des difficultés, de tout ce que j'ai pu accomplir jusqu'à présent.On a parfois besoin d'une défaite pour pouvoir valoriser les triomphe. J'ai 22 ans, 23 dans quelques jours, c’est malheureusement la première fois que je ne vais pas fêter mon anniversaire à Roland Garros. J'espère pouvoir en fêter bien d'autres ici et revenir l'année prochaine pour essayer de gagner.
Q. Deux questions.Il semblerait que tu ne t’es jamais vraiment senti à l'aise à certains moments du jeu, je ne sais pas comment tu as pu accepter d'arriver jusqu'ici immédiatement après le match. R. Il ne faut pas penser à de telles bêtises dans des moments pareils. Je ne le dis pas avec mauvais esprit, pas à cause de la question que tu viens de me poser. Cela fait deux semaines que j'ai arrêté de jouer en altitude, il faut oublier. Il faut regarder les choses en face, je n’ai pas bien joué.
Lors de l'échauffement, je m'étais senti plutôt bien, lors de l'entraînement, c'était une des premières fois où je me sentais bien. Au cours du match, ça n'a pas été le cas du tout, et ça s’est arrêté là, sec. Il faut l'accepter. Il faut accepter la défaite comme on a toujours accepté les victoires,avec calme ; prendre la défaite avec calme également, garder la tête froide pour voir ce que j'ai mal fait, il faut apprendre. On apprend toujours plus en gagnant qu'en perdant, mais il faut aussi apprendre quand on perd. Il faut travailler sur les points où je n'ai pas été bon. Si j'arrive à le savoir,à partir de là essayer de faire face encore mieux au prochain tournoi.
Je répète, ce n’est absolument pas une tragédie de perdre à Paris, il fallait bien que cela arrive un jour. La saison est excellente pour moi. C'est sûr que c'est un petit pincement, mais il faut que j'essaie de le surmonter le plus vite possible.
Q. Qu’est-ce qui a eu le plus d'influence, ce jeu extraordinaire de Soderling sur cette surface qui n'est pas sa préférée et toi qui n'a pas eu un très bon jour ?Ou peut-être y a-t-il eu un autre phénomène de saturation, tu as joué à Barcelone, à Madrid, il semblerait que ça n'a jamais été l'endroit où tu devais être...? R. Arrête, si j’avais joué à mon meilleur niveau contre Soderling et lui à son meilleur niveau, les résultats n’auraient pas été ce qu'ils sont. Lui a joué un bon niveau, moi je n'ai pas été là, je n'ai pas joué à mon niveau. Il faut donc le féliciter. Mais je n'ai pas joué mon meilleur niveau. Aujourd'hui,ça a été un jour comme ça, et face à moi j'ai eu quelqu'un qui a très bien joué,j'ai eu cette malchance. Je ne vais pas voir si on a mal planifié la saison ou pas. Cela fait quatre ans que je fais la même chose. Non, ce n'est pas logique.
Q. 6-0 , 6-1 contre Soderling à Rome, c'est ton dernier score contre lui. Y avait-il beaucoup d'agressivité aujourd'hui, ça a beaucoup influencé ? R. Non, absolument pas.
Q. Son jeu t’a-t-il surpris ou c'était autre chose ? R. Non, ça ne m'a pas surpris, je l'ai déjà vu jouer contre David Ferrer,il jouait très, très bien. Son jeu ne m'a absolument pas surpris, c'est plutôt le mien qui m'a surpris.
Q. Tu disais il ya quelques instants que ce moment devait arriver un jour ou l'autre, étais-tu préparé ou es-tu surpris par cette défaite ici ? R. Tous ceux qui pratiquent un sport doivent savoir que lorsque nous venons sur le court, nous venons pour gagner ou perdre. Je sais très bien que les deux choses peuvent se produire. Il faut les accepter toutes les deux, exactement dela même façon. On ne peut pas s'effondrer, ni pour gagner un match, ni parce qu'on l'a perdu. C'est un sport de victoires et pas simplement de défaites.Finalement, personne ne se souvient des défaites, tout le monde se souvient desvictoires. Il faut aller de l'avant.
Je crois qu’il y a peu de temps pour se préparer pour Wimbledon, mais il faut aller de l'avant, continuer à travailler pour essayer de me préparer le mieux possible.
Q. Quand le publicsur le Central soutient avec tellement de puissance Soderling, que ressens-tu ? R. Je ne ressens rien, j’y suis habitué, je suis habitué à entendre les noms des adversaires contre lesquels je joue. Je les connais très bien à la fin du match... (Rires.) Non, c'est dommage, un tournoi qui pour moi est aussi important, si joli, que le public n'ait jamais eu ce geste vis-à-vis de moi. Mais je ne vais pas donner ça comme une excuse, j'ai encore beaucoup d'années pour revenir ici. J'espère qu'une année,le public aura ce geste à mon égard.
Q. Pour ce que cela représente, est-ce la pire défaite de ta carrière ? R. S'il te plaît, je n'ai jamais perdu une finale et jamais perdu ici.J'ai perdu pour une fois en huitièmes de finale, ce n'est pas la pire, ni la première ni la dernière, je peux le dire. C'est un sport de défaites et de victoires, les gens se souviennent des victoires et pas des défaites. Ce n’est certainement pas la pire de ma carrière.
Q
. Rafa, tu venais de dire il y a quelques instants que pour toi, maintenant que tu n'es plus dans le tournoi, le candidat qui pourrait gagner est Federer. Qui aimerais-tu vraiment voir gagner ce tournoi, si tu pouvais choisir, qui répondrait à ton souhait pour gagner ce tournoi ? R. Je ne sais pas, comme toujours,d’abord les Espagnols.
Q. Sans Espagnols,aimerais-tu que Federer gagne le tournoi ? R. Oui, ce serait bien pour compléter son Grand Chelem, cela fait des années qu'il insiste, il a eu la malchance de perdre trois finales et une demi-finale, mais je pense que s'il y a quelqu'un qui le mérite, c’est vraiment lui.
Q. Je voulais savoir si tu pouvais nous décrire le moment où tu t’es retrouvé avec Tony, et ce que vous vous êtes dit. R. D'abord, ce qui est dit dans le vestiaire reste dans le vestiaire.Ensuite, je n'ai eu aucune rencontre au vestiaire. Tu reviens, tu as perdu, tu t'assieds sur le banc, et c'est terminé.