Dimanche 31 Mai
F. GONZALEZ/V. HANESCU
6-2 6-4 6-2
Q. Une fois de plus, tu as vraiment très bien joué. Un très bon tennis. Dirais-tu que c'est ton meilleur niveau ici, maintenant, à Paris ?
R. En moyenne, oui, plutôt. Parfois, je peux jouer des très grands matches et, après, descendre un peu alors que, là, c'est vraiment très étal, je reste à ce très bon niveau et je joue très bien sur ce match ou quasiment.
A chaque fois, je suis très bien sur le court, je fais mes entraînements, ce qui est très important aussi.
Q.As-tu fait quelque chose en partie pour préparer Roland Garros ?
R. Non, j'ai joué deux tournois, j'ai été blessé, je suis retourné chez moi. Puis je suis revenu mais pas très tôt. Maintenant,cela fait quelques années que je joue, un peu trop peut-être. Je dois m'adapter aux conditions. J'étais là mercredi, j'ai joué lundi, et je dois m'adapter car il y a cette différence de créneaux horaires.
Maintenant, je m'entraîne moins, mais de façon plus intense, c'est très importent.
Q.Peux-tu parler de ta blessure ? Quelles ont été les circonstances, c'était un peu étrange, non ?
R. Oui, on va dire que c'était étrange. Je signai un autographe après un match à Rome et on m'a appelé de l'autre côté du court, je me suis déplacé après le match et je me suis blessé à la cheville.Dans les vestiaires, cela m'a vraiment fait mal.
Q. Tu as eu quatre victoires facilement en trois sets. Est-ce une tactique de jeu qui te plaît, la façon dont tu as joué ici, à Roland Garros ?
R. J'essaie de gagner à chaque fois chaque point. C'est ce qui compte. Je ne veux pas prendre trop de risques si je n'aipas besoin de le faire. Si j'ai le breaken ma faveur, je peux taper et lâcher les gros coups. Parfois, je suis un peu trop prudent, mais quand je dois frapper, je frappe car je sais que je peux gagner avec mon coup droit. Je peux l'utiliser.
Q. Tu dis que tu es un peu prudent.
R. Oui, c'est cela.
Q. On pourrait dire "patient" ?
R. Oui, je suis plus patient, et je prends dela bouteille. Il y a quelques années, je n'aimais pas trop courir alors que, maintenant, j'aime bien me déplacer beaucoup sur le terrain. J'aime cela.
Q. Cela vient de ton nouvel entraîneur ?
R. Du côté tennistique, il m'aide énormément. Il me connaît depuis trèslongtemps.
On s'entraîne ensemble, c'est un de mes meilleurs amis sur le circuit.
Maintenant, comme j'aime bien courir sur le court, cela vient de moi, c'est parce que j'ai une machine à la maison. Je peux courir chez moi, je m'entraîne. C'est très important.
Mon entraîneur me connaît très bien et,parfois, on peut s'entraîner jusqu'à une demi-heure mais plus intensément. Il faut que j'apprécie mon travail. Ce n'est pas un travail d'ailleurs pour moi,le tennis, c'est vraiment un jeu.
Q. Ton surnom c'est mano de piedra, main de pierre. Ca vient d'où ?
R. J'ai beaucoup de surnoms ; je préfère quel'on m'appelle feña, en chilien c'est un diminutif de Fernando. Mais"mains de pierre", ça vient de Panama, je crois. C'est un boxeur quand il frappait un coup droit, c'était un KO direct. On m'appelle comme cela car je sors totalement la balle du terrain.
Q.C'est la troisième fois que tu passes en quarts de finale.
R. Ah bon ? La troisième fois ?
Q.Qu'est-ce que ça fait ?
R. Cela veut dire beaucoup pour moi. C'est difficile, mais je suis super enthousiaste.
Cela fait trois fois que j'ai passé les quarts de finale et j'attends cela avec impatience car je n'ai pas trop joué d'heures, je joue un bon niveau de tennis, la façon dont je joue estintéressante. Je joue sur de gros courts, dans de gros stades. Avec un peu dechance, je peux gagner le match suivant.
Q.C'est depuis toujours que tu as tapé un gros coup droit ?
R. Oui, c'est quasiment normal chez moi.J'aime frapper énormément mes coups droits. Quand je ralentis un peu, mon rythme, je ne la frappe pas assez. Après plusieurs années, je me suis rendu compte que j'étais un des plus gros coups droits sur le court. Je suis un gagneur,vraiment.
Q.Fernando, on t'a vu jouer très bien. Tu joues très solide. Sur le revers, tu asgagné des points, tu t'es défendu, tu es extrêmement bien avec le revers, tu asbien entendu gagné beaucoup de points avec ton coup droit, ton service est très solide. Pensais-tu rencontrer plus de résistance ?
R. J'étais prêt à tout ; cela a été un grand match. Je n'ai pas servi aussi bien que l'autre jour, il y avait un peu devent, on perd un peu le rythme au moment où l'on sert, la balle bouge beaucoup,mais pour le reste, tout a été super bien. Quand j'entre sur un court, je suisprêt à tout.
Si l'on essaie de gagner sur tous les points,mais dès le départ, j'ai senti que je contrôlais le match, à 4/0 trèsrapide, le deuxième set était assez compliqué. On voit comment on gagne lepremier set et, après, on a l'impression que le match va continuer et il faut arriver au break.
Q. Ilsemblerait que tu aies dit que tu ne te sentais pas comme tu voulais avant. Tute sentais comme tu voulais ?
R. Oui, si on laisse de côté le service, j'aipas mal joué. J'ai l'impression que l'on ne m'a pas très bien compris. Dans l'ensemble, j'étais très content sur les 20 ou 30 matches que j'ai joués, c'était un tennis tout à fait bien.
J'ai eu des pics beaucoup plus élevés, j'aijoué beaucoup moins bien aussi, mais dans l'ensemble, en moyenne, je m'entraîneet je joue comme je voudrais.
Q. Félicitations.Les sensations que tu as sont les mêmes que l'année précédente ou faut-il changer des choses ?
R. Non, ce sont des sensations différentes. Cette année, je n'ai pas joué des matches aussi longs. L'an dernier, j'ai eu 5 sets au troisième tour. Cela m'a beaucoup fatigué, mais je pense toujours à ce qui va arriver après. Pour moi, c'est important de sentir que je suis en forme pour disputer le match suivant.
Q.Comment peut-on comparer ta forme avec celle de 2007, physiquement et dupoint de vue tactique et technique ?
R. Je crois que le pic le plus élevé que j'ai eu, c'était à Melbourne, en 2007. J'avais la sensation de flotter partout,j'avais un niveau super élevé. Je me sentais quasiment trop bien.
Aujourd'hui, je ne me sens pas si bien que cela et je joue un très grand niveau. Je me sens prêt à faire face au reste de l'année et à ma carrière.
Q. Tu penses que tu as une grande possibilité de faire un très grand tournoi ici ?
R. Ce qui compte, c'est le présent. Le passé,le futur sont dans la tête. Il faut vivre le présent, il ne faut pas pensertrop loin, car tous les matches sont difficiles. Quand on commence à troppenser, cela devient de plus en plus dur.
Q. (Horsmicro.)
R. J'ai toujours le rêve de faire quelquechose. Ce sont des objectifs, mais ce sont surtout des rêves que l'on caresse.
Q. Murray ou Cilic, tu préférais qui si tu pouvais choisir ?
R. Ce sont des joueurs très difficiles. Ilsont passé de très, très bon moments. Ils sont sur la montée, la pente ascendante. Il faut jouer long comme je l'ai dit.
Cette semaine, j'ai toujours joué comme favori.
Q. Il y en a un des deux que tu préférerais ?
R. Avec Murray, cela fait longtemps que je ne l'ai pas joué. Cilic, j'ai gagné et perdu. Je n'aime pas faire de préférence.
Q.Comment te sens-tu pour les quarts de finale ? En forme ? Tu dis que tu as eu un match contre Murray.
R. Le fait de ne pas jouer tant est un avantage, mais tout dépend de l'adversaire. S'il arrive en ayant joué peu aussi,on est à égalité. Avec Murray, cela va être un match très difficile, il est au meilleur niveau. Ici, personne ne te fait de cadeau et je crois qu'il est troisième mondial, c'est très mérité. Cela va être un match dur.
Q. Que penses-tu de la règle sur l'antidopage ? Rafael NADAL a été très critiquesur le système et son entraîneur, son oncle, a demandé aux joueurs d'envisager un éventuel boycott des jeux olympiques. Qu'en penses-tu ?
R. C'est très difficile d'avoir à changer de lieu. Moi-même, je ne sais pas où je serai après demain. Il faut dire où l'on se trouve à un moment donné, à une heure déterminée ou une heure dans la journée, au cours des 3 ou 4 mois à venir. Or, personne ne le sait.
Nous qui passons notre vie à voyager, on doit faire des contrôles mais en tant que joueur de tennis, nous n'avons rien à craindre. Peut-être que, dans d'autres sports, ils doivent être plus rigoureux,mais au tennis, nous sommes très propres dans ce domaine. Nous n'avons rien à craindre. Le fait d'avoir à prévenir où l'on se trouve à chaque instant, pour moi, ce n'est pas commode et je sais que, pour le reste des joueurs, ce n'est pas facile non plus.
Q.Félicitations, Hanescu a dit qu'il te trouvait en très bonne forme, qu'avant tu faisais des erreurs plus facilement et qu'aujourd'hui, tu es beaucoup plus en confiance.
R. Plus en confiance ? Plus sûr,effectivement. On est un peu plus conservateur si on peut parler ainsi. Jeprofite plus des points longs alors qu'avant, je n'étais pas comme cela. Je prends beaucoup de plaisir dans cette activité physique extrême, j'ai été à un très haut niveau. C'est un joueur que j'ai joué il y a assez longtemps, il était dans une forme qui n'était pas comparable à celle d'aujourd'hui.
Q.Mentalement, tu penses à la victoire finale à Roland Garros ou regardes-tu match après match ?
R. J'en ai toujours rêvé, mais arrivé à ce stade, je crois que je regarde match après match. Ce sont des matches très difficiles, très longs, c'est dur d'anticiper.
Q. Aujourd'hui,il semble que tu as été toujours très à l'aise pour frapper la balle au service. Cela a-t-il un lien avec la rapidité de tes jambes, ton jeu de jambes ? Lui a un jeu de jambes très rapide. Tas-il fait mal ?
R. J'ai déjà frappé beaucoup de balles àRoland Garros. Les conditions étaient difficiles, la balle bougeait, elle repiquait un peu et pourtant, j'étais à l'aise. Lui est un joueur qui joue trèsprès de la ligne et un peu plat. Quand la balle rebondit, il ne se sent pas très à l'aise. C'est ce qui te donne plus de sûreté.
Q. Que t'a apporté ton entraîneur, Martín Rodríguez, pour cette étape ?
R. Il m'a apporté beaucoup de sérénité, de tranquillité, une plus grande liberté, j'ai amélioré mon revers et il m'a aidéà apprécier la façon dont je joue. En travaillant, j'ai fait quelques modifications, surtout sur le revers et là, j'ai senti que j'avais beaucoup amélioré, ce traitement m'a énormément surpris.
Q. Ton entraîneur disait qu'il fallait d'abord rêver aux demi-finales et qu'ensuite,le tableau final de grand chelem t'avait beaucoup aidé, surtout pour letroisième et le quatrième tours. Quand on a tes tableaux qui permettent de gagner plus facilement, on en profite ? Partages-tu cet avis ?
R. Certainement. Je me sens toujours en formeet prêt pour le match suivant. Quant à cette histoire de tableaux, parfois, comme en Australie, les choses vont complètement à l'envers. Mais aujourd'hui, oui. J'ai eu des joueurs que j'ai gagnés. J'arrive en quarts de finale, je me sens capable de gagner le match suivant.