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Q: GAËL MONFILS, que ressentez-vous après ce deuxième titre ?
G.M. : Je suis content d'avoir gagné un deuxième tournoi. Je suis d'autant plus content que je l'ai gagné en France car on dit toujours que les Français ont du mal à s'imposer chez eux. C'était un match dur, physique. Je me suis fait une petite frayeur au milieu du deuxième set. J'étais un peu attentiste, j'ai eu une petite chute physique, il y avait un faux rythme. Je suis content parce que derrière, j'ai réussi à remettre un impact physique dans le troisième set. J'ai trouvé plus de trajectoires, tapé plus fort.
Q: Est-ce un soulagement d'avoir enfin remporté un deuxième titre ?
G.M. : Il n'y a pas de soulagement. C'est juste un encouragement. Le jour où je pourrais parler de soulagement, c'est celui où je gagnerai Rolland-Garros. Aujourd'hui, j'ai juste bien joué. Je suis arrivé, j'ai bien tapé dans la balle et c'est passé. Depuis le début d'année, j'ai mon équipe bien soudée. Nous nous comprenons de mieux en mieux. Je joue de mieux en mieux, je prends de plus en plus confiance en moi. C'est le discours positif que me tient Roger (Rasheed, son entraîneur), surtout sur la façon de croire en moi, de croire en mes capacités, de croire que je peux aller beaucoup plus haut.
Q: Ce match tombe bien après votre défaite en Coupe Davis et avant votre tournée asiatique ?
G.M. : En Coupe Davis, j'ai eu mon match "black-out" de la saison. J'étais vraiment déçu pour l'équipe et pour moi. Je sais que cela m'arrive de temps en temps. Patrick (Chamagne, son préparateur physique) m'a dit qu'il pensait que je pouvais venir à Metz. Il m'a dit que cela pouvait passer, que je sentais bien la balle. Je lui ai fait confiance et encore une fois, il m'a prouvé que je pouvais me faire confiance. Pour la tournée asiatique, l'objectif est toujours de gagner même si Kuala Lumpur va peut-être arriver trop rapidement. Je vais arriver et jouer. L'objectif va être d'aller le plus loin possible, d'aller chercher un autre titre.
Q: Gaël, vous l'aviez annoncé, cette finale a été une grosse bataille...
G.M. : C'est certain. Je m'attendais à ce type de match, dur, physique, qui ne se joue à rien. Il n'a rien lâché. J'ai fait un très bon premier set. Après, je me suis fait quelques petites frayeurs dans le deuxième. J'ai été un poil trop attentiste, j'ai trop voulu joué à l'économie. Je me suis un peu endormi sur mes lauriers, je suis resté sur un faux-rythme. Je suis content d'avoir relancé la machine et surtout d'avoir imposé un gros impact physique dans le troisième.
Q: Que représente pour vous cette victoire à Metz ?
G.M. : Cela faisait longtemps que l'on me parlait de mes échecs en finale. J'ai vaincu le signe indien. Je suis content de cette victoire. J'ai réussi à gagner, et qui plus est en France. C'est une satisfaction.
Q: Qu'est-ce qui a fait la différence justement par rapport aux autres finales perdues ?
G.M. : Toutes les finales sont différentes. Le contexte est différent, l'adversaire est différent, la surface est différente. Aujourd'hui, j'ai respecté à la lettre ma tactique d'un bout à l'autre de la rencontre.
Q: Est-ce un soulagement ?
G.M. : Je ne pense pas. C'est une belle victoire, c'est une certitude. Après, je ne serais soulagé que lorsque j'aurais remporté Roland-Garros, mon objectif ultime.
Q: C'est en tout cas la meilleure réponse après votre défaite surprise en Coupe Davis le week-end dernier...
G.M. : En Coupe Davis, j'ai connu mon match "black-out" de la saison. Je m'en excuse encore, j'étais vraiment désolé pour l'équipe. Je sais que ça m'arrive de temps en temps. Malheureusement, c'est arrivé au plus mauvais des moments. Après, je savais que mon jeu était en place. Je suis resté serein. Il n'y avait pas le feu.
Q: Cette victoire avait un parfum de Coupe Davis par rapport au premier tour de mars prochain contre l'Allemagne...
G.M. : C'est trop loin. Je peux encore affronter Kohlschreiber dix fois avant et perdre dix fois.
Q: Un dernier mot sur votre tournée asiatique...
G.M. : Je vais essayer d'aller le plus loin possible à Kuala Lumpur et pourquoi pas remporter un nouveau titre. Je vais en tout cas bien dormir dans l'avion.