Mercredi 3 Juin
G. Monfils/R. Federer
6-7 2-6 4-6
Q. C'est sûrement une déception pour toi. Que penses-tu de ce match ?
R. C'est vrai, je suis déçu. Pendant le premier set, j'ai eu deux ou trois occasions à saisir. Je ne les ai pas saisies. A 6-5, j'ai perdu une balle de break. J'ai essayé de faire un échange trop long. Je jouais trop sur son coup droit. En fait, j'aurais dû viser son revers. C'était pareil pour la balle de set. Je pensais être agressif, mais je ne l'étais pas pour mon deuxième service.J'étais trop mou, je lui donnais trop de temps pour que lui m'agresse. Après,je me suis perdu pendant le deuxième set. Je m'étais égaré. C'est la grosse déception pour moi. Si je veux améliorer mon niveau, je dois gérer ces moments.J'ai perdu le premier set, mais j'aurais dû être plus concentré au deuxième set. Le combat était ardu. Pendant le troisième set, je suis rentré dans le jeu, mais il a bien joué. Je crois avoir fait quelques erreurs. Il y avait de la pression. Pour lui, c'était plus simple, il menait la danse. Mais je vaisapprendre par cette défaite.
Q. Tu avais un problème au genou. A-t-il eu une incidence sur le cours du jeu ?
R. Non, aujourd'hui mon genou allait. Je pense que je n'ai pas assez engrangé de matches. Je n'en ai pas assez à mon actif. Je n'étais pas vraiment en pleine forme.
Q. Si tu regardes FEDERER aujourd'hui, est-ce l'homme qui risque de gagner le tournoi ?
R. Il joue bien,c'est vrai. Je pensais qu'il allait faire plus de fautes directes. Mais il n'en a pas perdu beaucoup. Il reste encore deux matches difficiles pour lui à jouer,mais il peut le faire. Il a vraiment des très bons résultats sur terre battue.Il est allé en finale. Il est très motivé. Pourquoi pas ?
Q. As-tu des regrets particuliers sur les trois balles de break du premier set ?
R. J'en ai eu trois ?C'est sûr que j'ai des regrets. A 6-5, durant le rallye et le pseudo rallye,j'aurais pu chercher plus son revers. J'ai voulu jouer sur son coup droit. J'ai eu deux balles avant de faire la faute, où il a joué croisé. J'aurais pu changer de rythme pour m'ouvrir plus d'angle. J'ai cherché à jouer son coup droit. Ce n'était pas facile. La balle de set, pareil. Je savais qu'il allait kicker. Je me suis dit qu'il fallait être agressif, prendre l'opportunité, me coucher dedans, le croiser. Finalement, c'était plus court que je le pensais.Au lieu de continuer à avancer, j'ai fait un pas en arrière. Je n'aurais pas dû. Tout de suite, je lui ai donné la balle parfaite pour m'agresser. Derrière,j'ai manqué de lucidité sur le match. J'aurais pu taper plus fort au milieu. Ce n'est pas trop, trop grave.
En revanche, j'ai beaucoup de regrets pour le deuxième set. Je me suis agacé sur un vieux truc.Pour battre ces joueurs-là, il faut que j'arrive à rester à 100 % dedans.Il y avait une belle bagarre. Tout de suite lui donner le message que je m'agaçais n'était pas bon. Après, je me remets dans la partie. Mais c'est cadeau pour lui. Il mène deux sets à zéro, il peut se relâcher. C'est différent.
Q. Qu'est-ce qui t'a agacé ?
R. Dans le premier set, je me suis un peu agacé. Après, je me suis agacé tout seul. Je me suis agacé sur ses ships. J'ai fait deux fautes un peu connes. Je me suis tout seul agacé. Ce n'était pas terrible.
Q. On a eu l'impression que le premier set était aussi et surtout un gros combat tactique. Tu cherchais vraiment à lui trouver le revers, haut sur le revers.
R. Oui, tactique.Mais cela allait. Il n'y avait pas un grand tennis, mais c'est ce qu'il fallait. Il n'y avait pas énormément de fautes, cela faisait des points. Cen'était pas forcément tactique. C'était plus à celui qui allait rentrer dans le terrain, oser. Il l'a mieux fait sur les points importants. D'ailleurs, laballe de set en est vraiment la preuve, il a dominé.
Q. Tu as joué beaucoup d'amorties. Crois-tu que c'est un bon choix tactique devant un joueur qui ne joue pas très loin de sa ligne,qui a beaucoup de toucher, qui aime les petits jeux.
R. Beaucoup ? Je n'en ai pas fait énormément. Peut-être 5, non ?
Q. Un peu plus.
R. Je ne suis pas sûr. Mon entraîneur me l'aurait dit tout de suite.
Q. Il t'avait demandé de ne pas trop insister ?
R. Non, pour lui il faut faire des coups droits gagnants. J'aime bien les amorties, c'est plus le feeling. Je n'ai pas l'impression d'avoir abusé.
Q. Tu as fait venir le médecin. Tu ne te sentais pas bien ?
R. Je ne me suis pas bien senti. J'avais un peu mal au ventre. J'avais un coup de moins bien physiquement. Je lui ai demandé des vitamines. Je sais qu'il y a des gels très riches en sucre. Cela m'a donné un coup de boost.
Q. Sur un tel match, ce qui te sépare de Roger, c'est finalement l'expérience, tout ce qu'il a derrière lui ?
R. On peut le voir comme cela. Mais je ne le vois pas ainsi. Aujourd'hui, il a été plus fort que moi. Il a mieux joué que moi. Il a mieux vu le jeu. C'est la deuxième fois queje le rencontre à peu près à ce stade. C'est plus que son jeu me fait bien chier ! Il me fait plus chier que les autres. A moi de travailler, à moi de trouver des solutions, à moi de rester plus constant. Cela me plaît. C'est un nouveau challenge aussi. C'est rare… Non, pas rare, mais de plus en plus j'arrive à ce stade. Si je veux vraiment prétendre à gagner un titre, il faudra que je batte de tels joueurs. Je vais jouer de plus en plus souvent, j'espère.Cela me fait plaisir.
Q. Qu'est-ce que tu regrettes le plus ? De ne pas l'avoir agressé plus que cela ?
R. Non, c'est le deuxième set. Le match en lui-même, il n'y a pas de problème. C'est la mentalité. Si je veux prétendre gagner un Grand Chelem, je ne peux pas avoir un moment off comme je l'ai eu dans le deuxième set. Après, le jeu tactique, il n'y a pas de problème. C'est un match. J'ai fait mon match. Mentalement, rester fort à ce moment-là... C'est une belle expérience. J'aurais pu auparavant couler tout le match. J'ai réussi à me relever. C'est ce manque de lucidité au deuxième set qui me déçoit le plus.
Q. Que lui as-tu dis à la fin ?
R. Je lui dis : "Bon courage pour la suite." J'espère qu'elle sera pour lui, pour une fois.
Q. On t'a peut-être posé la question, comment va ton genou ? Que vas-tu faire après ?
R. Aujourd'hui, cela allait. Je n'ai pas trop changé mes habitudes. Je vais continuer à le soigner.On arrive sur gazon. Cela va être plus dur pour moi physiquement par rapport au genou. Je vais continuer à beaucoup travailler dessus. La machine est à Londres. Ils sont basés à Londres, je crois. Je pourrais continuer sur cette machine. Je pourrais même en acheter une ! Je fais un quart de finale ici, dans trois semaines j'ai encore la possibilité de briller sur les Grands Chelems. Jereste très concentré pour les trois semaines qui arrivent.
Q. Qu'est-ce qui te gêne le plus dans le jeu de FEDERER ?
R. Contre moi, il arrive toujours à changer sa façon de jouer. Parfois, il est super agressif. Quand il prend la balle tôt, je ne sais pas forcément me positionner. Il arrive à bien lire mon déplacement. C'est un des seuls mecs qui arrive à me faire glisser. Il joue beaucoup derrière moi, en contre-pied. Cela va tellement vite.C'est un des seuls mecs face à qui, lorsqu'ils attaquent, je me retrouve comme tout le monde. D'autres personnes peuvent attaquer, je vais courir, il n'y a pas trop de problème. Face à lui, je pars un peu d'un côté. Cette façon de bien masquer... Surtout, c'est un moment important, son petit ship court. Il est un peu "pète couilles". J'en chie. A la fin, c'est rageant. J'ai l'impression que je l'ai, mais il me fait un truc pourri. C'est énervant. Je le sais mais je ne peux rien faire.
Q. Comment comptes-tu préparer Wimbledon ?
R. Je ne vais pas tarder à partir à Londres pour le Queens. Après, je ne sais pas trop. Je vais partir ce week-end, peut-être. Roger m'a dit qu'il a une bonne recette pour moi.Il m'en parlera plus. Il me laisse respirer. Il m'a dit des choses positives.Il m'a dit qu'il pensait avoir la solution pour que j'aime un peu plus legazon, que si je l'écoutais bien on allait faire un grand Wimbledon. Je ne le sais pas moi-même.
Q. Tu regrettes de ne pas avoir pu enflammer le stade ? C'était un moment important. Ne pas avoir pu créer quelque chose de plus fort que cela...
R. Le public français respecte beaucoup Roger. Ils ont plus de mal à se lâcher. Au début, il était vraiment partagé. A la fin, 2 sets à zéro, 4 partout, ils sont là. Ce n'est pas trop tard, mais ce n'est pas facile. C'est plus dur lorsque l'on joue un joueur comme Roger. Il est vraiment respecté. Les gens ont envie qu'il gagne une première fois ici. Avoir l'aide du public est plus difficile que dans d'autres matches.
Q. Les gens le respectent. Ne le respectes-tu pas un peu trop ?
R. Non, je ne le pense pas. J'ai réussi à franchir ce cap. L'aide du public m'aurait été utile,mais je comprends vraiment. En ce qui me concerne, j'espère vraiment le battre un jour.