Mardi 2 Juin
F. GONZALES/A. MURRAY
6-3 3-6 0-6 4-6
Q. Quelle a été la clef du match et pourquoi avez-vous gagné, à votre avis ?
R. J'ai joué très haut, j'ai essayé de dominer sur mon coup droit car je sais que Andy peut être un vrai problème pour moi, peut avoir de vrais problèmes quand les balles rebondissent très haut. J'ai dû saisir toutes les opportunités qu'il me proposait car, pendant le premier set, il a fait quelques fautes et j'ai saisi la chance qui m'était offerte. C'était très, très important, surtout quand on a abordé le quatrième set.
Q. Andy nous a dit que, selonlui, vous avez le meilleur coup droit du tournoi. Pouvez-vous frapper encore mieux que ce que vous avez fait aujourd'hui ?
R. Quelquefois, c'est vrai, j'ai un très bon feeling sur la balle en ce moment. Je réussis à les frapper qu'elles soient à plat ou hautes.Actuellement, j'ai atteint un bon niveau de jeu.
Q. On se souvient de votrejeu contre Fererro, il y a 5 ou 6 ans. Vous avez beaucoup progressé sur ce coup droit. Y a-t-il quelque chose qui explique la puissance de ce coup droit ?
R. Je pense que c'est naturel. Cela fait des années que je fais la même chose, bien entendu j'ai amélioré quelques petits points, mais au niveau de l'attaque, j'essaie systématiquement de frapper en ayant le bras solide sans avoir peur. Parfois, cela passe, parfois je rate. Mais, si je dois gagner des matches importants, c'est avec ce coup là.
Q. Et votre aisance sur la terre battue, cela a été un facteur important aujourd'hui ?
R. Oui, sans doute. Andy est un joueur extraordinaire mais il n'a peut-être pas suffisamment d'expérience sur les matches en 5 sets sur terre battue. Sur un match en 5 sets, beaucoup de choses peuvent se passer. Le match peut basculer très facilement. C'est l'expérience qui est importante.
Q. Avez-vous jamais pensé que vous alliez retrouver SODERLING de l'autre côté du filet dans les demi-finales ici ?
R. Quand on pense Roland Garros, on pense Nadal. Immédiatement.
C'est le nom qui vient à l'esprit. SODERLING est un grand joueur, il a frappé beaucoup plus fort que les autres joueurs, et quand il est dans un grand jour, il est impossible à jouer. Ce sera un match très dur pour moi.
Q. C'est la première fois que vous atteignez les demi-finales d'un Grand Chelem. C'est une belle expérience pour vous ?
R. Oui, je l'espère, mais chaque match est différent. Non, ce n'est pas ce qui va se passer au prochain tour.
Q. Vous avez été un des meilleurs joueurs sur terre battue au cours des dernières années. Diriez-vousque, jusqu'à présent, vous aviez un peu raté Roland Garros et, cette année,est-ce une revanche que d'atteindre ce niveau ?
R. C'est drôle, car je préfère jouer sur les surfaces dures d'habitude mais, au cours des deux dernières années, j'ai été vraiment bon sur terre battue. Il m'a fallu du temps pour m'adapter aux glissades, par exemple, mais j'ai le sentiment que je récupère très, très bien. Mon service passe bien, bien que ce soit un peu moins important que sur surface dure. Mais j'ai l'impression d'avoir amélioré beaucoup de choses. Je suis notamment plus patient, plus en forme aussi.
Je suis capable de courir sur un court pendant beaucoup plus d'heures ; et c'est important, sur terre battue.
Q. On a vu tous les grands noms qui, petit à petit, étaient éliminés, mais on n'entend pas beaucoup parléde DEL POTRO. Pouvez-vous nous dire quelles sont ses chances ici ?
R. De très belles chances. C'est un joueur très jeune, il a 20 ou 22 ans. Il est dans le carré final. Il a évidemment de très belleschances. C'est un type très grand, il a grandi sur terre battue, mais je pense qu'il peut défendre ses chances très bien sur des surfaces dures. Il a jouéRobredo. Si les choses se passent bien, il devrait gagner.
Q. Vous vous êtes beaucoup entraîné avec lui la semaine dernière. Que doit-il améliorer pour mieux jouer sur terre battue ?
R. Etre un peu plus patient, mais il a un super entraîneur. Alex peut lui apprendre énormément de choses. Mais, d'un autre côté, il est n° 3 au monde. Je sais que, dans l'année à venir, il va dominer le circuit.
Il a déjà gagné plusieurs Masters Series. Il a atteint la finale d'US Open l'an dernier. Donc, la seule chose dont il a besoin maintenant, c'est d'un peu de temps.
Q. Roger et vous, vous êtes en train de défendre l'honneur des vieux joueurs ?
R. C'est marrant, car j'en ai beaucoup parlé avec mes amis de cela.
Cela me semble un peu dingue d'entendre dire que je suis un vieux,alors que j'ai 27 ou 28 ans ! Mais, au tennis, c'est vrai que l'on cède la place à plus jeune. Cela étant, pour ma part, je me sens en meilleure forme aujourd'hui que quand j'avais 20 ans. Je me sens mieux physiquement, mentalement, et j'apprends tous les jours et aujourd'hui, je me dis que si le jour arrive où je n'aurai plus envie de jouer à 100 %, il faudra que j'arrête le tennis.
Q. Félicitations. Comment avoir atteint ce niveau ? Murray disait que tu as fait de grandes choses avec ton coup droit. Tous les jours, tu as fait des choses grandioses, tu l'as gagné avec beaucoup d'autorité.
R. Je les contrôlais pas plus que cela. Cela a été très important que j'ai saisi toutes les occasions qu'il m'a servies. Au troisième set, il y a eu un break. J'en ai profité. J'ai gagné très rapidement le set, ce qui m'a donné beaucoup de tranquillité par ailleurs. Lui également... Moi, je frappais également très bien avec mon coup droit. Cela donne beaucoup de sécurité, c'est que je vais avoir beaucoup de points et je vais en gagner beaucoup avec ce coup. Cela a été très important pour moi.
Q. Tu es en train de vivre une saison formidable sur la terre battue à Viña del Mar, notamment. Martin Rodriguez a-t-il une incidence dans ton jeu ?
R. Il m'a beaucoup aidé à améliorer mon revers et à avoir plus deliberté. Il y a des entraîneurs qui en savent énormément mais qui exigent d'être plus structurés. Avec Martin, nous avons travaillé énormément tous les jours. Nous avons travaillé quelque chose.
Il m'a donné énormément de liberté et j'ai réussi à être moi-même. Je peux faire beaucoup plus de choses sur le court. Si un jour je ne m'entraîne pas très bien, je m'entraîne 40 minutes et d'autres où je me sens bien, je m'entraîne plus.
Jour après jour, c'est super important. Il me connaît en tant que joueur et c'est un de mes meilleurs amis également et son meilleur moment, il l'aeu exactement au même âge que moi, il est donc très important de savoir pour lui quel est le vécu d'un joueur de cet âge-là.
Q. Avec Hanescu, j'ai dit quece qui m'avait frappé, c'était le côté, la façon dont tu avais joué, qui était très égale. Toi, tu trouvais que tu n'avais pas très bien servi. Comment était ton service aujourd'hui et comment as-tu trouvé ton jeu ?
R. Je n'ai pas mal joué, j'ai servi beaucoup mieux. Au cours du premier match, je n'avais pas très bien servi. Mais, là, j'ai beaucoup travaillé mon service ouvert et pour avoir un avantage. J'avais le coup droit pour essayer de dominer le point. Cela ma donné beaucoup de tranquillité, d'aisance pour continuer à avancer dans le match.
Q. Pouvais-tu imaginer arriver à ce stade dans le match, 6/0 contre Murray ? As-tu regardé le match de SODERLING ? Qu'en as-tu pensé ?
R. 6/0, avec Andy, non, jamais je n'aurais pensé, même en jouant au ping-pong ! Lui m'a un peu aidé. Il a commis quelques fautes. Je crois qu'il faut être un peu réaliste avec cela. Avec SODERLING, j'ai vu la façon dont il joue actuellement, cela va être un match qui va donner du fil à retordre. Il est en train de traverser un très, très bon moment. Il ne laisse pas jouer. Mais on verra qui est le plus fort.
Q. Sur coup droit qui est fulminant, foudroyant, peux-tu dire ce que tu ressens quand tu frappes la balle avec ce coup-là ?
R. Tout dépend comment je me sens. Je crois que c'est un plaisir absolu quand j'arrive à dominer le jeu. Mais,quand on me fait courir, c'est plutôt du désespoir ! C'est quelque chose,je prends énormément de plaisir en frappant fort sur la balle, en ouvrant le jeu ou en faisant un drop.
Ce qui est très important, ici, c'est d'avoir du plaisir à ce que l'on fait.
La question n'est pas de gagner ou de perdre quand on va s'entraîner,il faut aussi prendre du plaisir.
Q. Jouer une demi-finale àRoland Garros contre SODERLING, j'imagine que ce n'était pas dans tes prévisions.Est-ce une surprise ? Comment l'expliques-tu ? Crois-tu que tu vasvraiment saisir une occasion beaucoup plus grande ?
R. Oui. C'est une très grande surprise et lui-même est surprenant.
Tout le connaissons comment il joue. Si on m'avait dit que je seraisarrivé en demi-finale d'un Grand Chelem face à lui, je ne sais pas si cela aurait été incroyable d'y penser. Mais c'est vrai que, quand on joue contre FEDERER, SODERLING dans une demi-finale d'un de ces tournois, c'est un très,très grand moment dont chacun veut profiter.
Q. Personnellement, comment ressens-tu tous ces éloges que tu reçois, notamment de la part de Andy, sur ton coup droit, de la presse spécialisée ?
R. C'est le bon côté que j'ai, non ? Il y a quelque chose dont jesuis convaincu, c'est que mes matches, je les gagne avec mon service et mon coup droit. Aujourd'hui, c'est ainsi que cela s'est passé.
Q. Fernando, dans le match contre SODERLING, es-tu favori ?
R. Oui, je me sens toujours favori. Je me sens toujours en forme pour gagner le match suivant et c'est ce qui me préoccupe le plus, le match suivant,ne pas penser qui va être en face ou qui va gagner.
Je vais entrer sur le court pour gagner et c'est ce qui va se passer pour le match suivant.
Q. Pour le prochain match, quel pourcentage de probabilités penses-tu pouvoir avoir d'une finale contre DELPOTRO ?
R. Je ne suis pas bon en maths, je ne sais pas comment évaluer cela
Q. 50 % environ ?
R. Je ne sais pas. Martin doit gagner 2 matches, moi un. On verra bien.
Q. On est très nerveux, même si l'on est expérimenté. Comment te sens-tu quand tu es arrivé à 5/3 car tu es arrivé là très rapidement. Tu as dû être un peu nerveux ?
R. Oui je n'étais pas aussi nerveux que d'habitude. J'étais un peu fatigué, mais pas si nerveux. J'étais assez tranquille. Il a retourné d'une façon qui m'a mis très mal à l'aise. J'avais le vent de face, j'étais presque désespéré et il m'a breaké. Cela fait partie du jeu.
Après, je savais qu'il devait aussi servir avec le vent de face. C'était une autre possibilité de gagner ; s'il gagnait le jeu,les choses pouvaient se compliquer.
Q. Comment faire pour jouer contre SODERLING de la même façon que tu as joué contre Murray ?
R. Le prochain match, on y pense à 10 ou 15 minutes avantd'entrer sur le court. Avant, j'ai 2 jours. Il faut prendre son temps, se reposer. Je crois que l'on va se battre pour voir qui va prendre l'initiative le premier. Nous sommes 2 joueurs d'attaque. On verra qui arrive le premier.
Q. Fernando, je suppose quetu rêvais comme tout le monde. Tes rêves passent-ils par une victoire ici ? Tel que tu joues maintenant, tu es presque en train de caresser lacoupe. Comment le ressens-tu ?
R. Un peu, mais je préfère ne pas y penser, car ce sont 2 matches à 5 sets qui manquent et pour moi, c'est beaucoup ! C'est beaucoup d'heures, beaucoup de coups à donner. J'en rêve beaucoup, mais pour le moment, c'est juste un rêve.
Q. Comment te sens-tu pour cette demi-finale du tournoi ? Tu as toujours dit que tu en rêvais. Une demi-finale contre SODERLING, est-ce une demi-finale rêvée pour toi ?
R. Jusqu'à présent, oui. On a toujours envie d'être en demi-finale.
On pense toujours à l'étape suivante et à tout ce qui doit se produire.
Je suis super content, je suis tranquille. Je passe de très bons moments sur le court et cela se voit, très clairement. Je prends beaucoup de plaisir et c'est le plus important.
Q. Il semblerait que tu ne participes pas à la Coupe Davis et que tu reçoives beaucoup de pression au Chili.
R. Pour le moment, je joue Roland Garros. Ne me posez pas plus de questions.
Q. En Europe, le tennis esttrès important du point de vue économique et politique, et également aux Etats-Unis. Comment penses-tu arriver à faire face à ces personnalités du tennis, les entreprises, les politiques, tout cela pour l'Amérique latine ? Pourrais-tu imaginer une finale de Coupe Davis en Amérique latine ?
R. Il y a eu déjà une finale de la Coupe Davis en Argentine, il y a 4 ou 5 ans, mais pour cela, il en manque beaucoup. Si je gagne vendredi, je pourrai te répondre.
Q. Tu as eu un peu de fièvre ily a quelques jours. Tu avais attrapé un virus. Comment t'en es-tu remis ?Tu t'es reposé ? Il y a 11 ans, tu as été champion juniors ici. Quel a été ton évolution depuis ces 11 années ?
R. Oui, je me suis remis de mon virus. Je n'ai pas joué le double, car je ne me sentais pas très bien avant-hier. Mais bon, l'adrénaline est très importante, elle te permet de surmonter les symptômes. Maintenant, je me sens en très bonne forme et je pense que jeserai en pleine forme après ces 2 jours de repos pour profiter de cette finale.
Pour la deuxième question, 11 ans, cela fait longtemps, c'est presque une carrière de joueur de tennis ! Je continue à être la même personne,en tant que joueur de tennis, j'ai énormément évolué, j'ai joué énormément dematchs, ce qui m'a fait pondérer les choses.
J'aime beaucoup plus le tennis aujourd'hui qu'à cette époque-là et c'est ce qui est le plus important.