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Roland Garros: Interview de Jo-Wilfried Tsonga

Samedi 30 Mai
J.W TSONGA/C. ROCHUS
6-2 6-2 6-2


Q. Jo, que pensez-vous de Juan Martin Del Potro ?

R. Un très bon joueur. Il a beaucoup amélioré son niveau de jeu au cours du mois qui vient de s'écouler. Oui, je sais que ce seraun match difficile que je vais préparer avec une très grosse motivation. C'est tout.

Q. Juan Martin Del Potro nous a dit que vous seriez favori parce que vous jouez à domicile, pensez-vous que vous serez aussi le favori ?
R. Je ne pense rien. Pour moi, c'est un nouveau match. Nous avons joué l'un contre l'autre à l'occasion des Masters la dernièrefois, et c'est lui qui a gagné. Ce sera donc un nouveau match. Je verrai ce que je peux faire pour le battre, mais je ne pense pas qu'il y ait de favori.

Q. C'est une victoire facile mais tu la rends peut-être aussi facile parce que c'est un match que tu as pris au sérieux, que tu as très bien préparé.
R. Oui c'est un match que j'ai bien abordé. Je suisentré sur le terrain pour le gêner, pour l'empêcher de développer son jeu. J'ai essayé de mettre du volume dans mes frappes, de jouer assez haut pour qu'il n'ait pas à jouer, pour ne pas qu'il puisse me contrer. Cela a marché. C'est très bien.

Q. Dès le début, tu as senti que tu avais l'ascendant ? Car de l’extérieur, on avait l’impression très forte d'un géant face à un petit joueur, grand par le talent mais petit par la taille, avec le vent, le court immense, et toi très puissant ;on a l'impression que vous ne boxiez pas dans la même catégorie. Avais-tu ce sentiment qu'il ne pouvait rien t’arriver ?
R. Oui j'avais l'impression d'être plus puissant que lui, d'avoir plus d'armes pour le gêner que le contraire. J'ai réussi à rester concentré toute la partie, c'est pour cela que je pense que le score est aussi sec. Je jouais beaucoup mieux que lui sur cette rencontre.

Q.Pourrais-tu nous reparler un petit peu de ce qui était ta préparation sur terre battue ? Je crois que tu as commencé début avril en Suisse. Comment as-tu abordé cette préparation, est-ce que tu as plus basé Roland Garros sur la préparation que sur la compétition et l’accumulation de victoires ?
R. Oui, j'ai basé Roland Garros sur ma préparation comme je le dis depuis le début. Cela fait déjà 3 ou 4 semaines queje dis que pour moi l'important, c'est Roland Garros et le reste m'est égal. L'important était d'arriver physiquement prêt. Car les Grands Chelems, cela n'a rien àvoir. Je voulais être physiquement prêt, arriver avec beaucoup de jeux derrière moi, beaucoup de tennis. En tournoi, finalement, on ne joue pas énormément. Quand tu joues un match, tu ne vas pas jouer 2 ou3 heures derrière. Tandis qu'à l'entraînement, il m'arrivait de faire 4 ou 5 heures par jour sur le terrain, à faire des glissades, à frapper. Je pense que j'ai fait une préparation adéquate pour un Grand Chelem dans le sens où je n’ai pas énormément joué, j'ai donc une envie incroyable.Comme je le disais, les semaines précédentes, je ne suis pas là pour être expert-comptable et faire le plus de matches possible ou le plus de tournois possible, je suis là pour faire de grandes choses et remplir le cœur des gens.

Q. Au sujet de ta préparation physique, as-tu fait de grandes journées où tu faisais que du physique par exemple ?

R. Je ne vais pas vous dire ce que j'ai fait exactement, mais j'ai beaucoup travaillé, j'ai fait beaucoup de tennis,beaucoup de physique en même temps. J'ai beaucoup travaillé ces dernières semaines. C'est pour cela que je ne m'affolais pas de mes résultats car il y ades jours j'étais un peu fatigué, je me disais que ce n'était pas très grave,je sais où est l'important et je me prépare pour cela.

Q. Avez-vous fait des grandes séances les jours de match aussi ?
R. Oui, il m'arrivait d'aller jouer après des jours de match ou d'aller courir une demi-heure ou trois quarts d'heure, et de la musculation aussi.

Q. Après avoir gagné un match aussi rapidement, physiquement tu te sens comment ?
R. Je me sens très très bien aujourd'hui. Cela n'apas duré très longtemps, c'est très bien, cela me permet d'avoir joué un peu,de continuer à prendre des repères sur le court et de garder de la fraîcheur physique. A mon avis, je vais en avoir besoin au prochain tour.

Q. Tu as rencontré ton prochain adversaire, Del Potro, aux Masters. Là, c’est sur terre,chez toi, comment envisages-tu ce match ?
R. J'ai l'avantage de jouer ici, de jouer avec lepublic. Juan Martin a fait de bien meilleurs résultats que moi ces derniers temps, je sais qu'il va être très dur à battre et que ce sera un combat detous les instants, je vais me préparer pour cela.

Q. Quelle sera l’une des clefs ?
R. La clef reste moi. Lui, il a un niveau assez régulier, il joue toujours le même tennis. Il n’a pas un tennis stéréotypé,mais il joue pas mal dans des filières qu'on lui connaît. Pour moi, ce sera la surprise, mais je pense que je vais essayer de l'empêcher de jouer dans sa filière.

Q. Cela veut dire des amorties, comme tu as joué contre Monaco ?
R. Oui, un peu de tout.

Q. En optant pour cette préparation lourde, un nombre pas énorme de matches, tu n'as pas eu un moment le doute que cela puisse ne pas fonctionner ? Qu'il te manque un peu de confiance en arrivant ici ?
R. Si. Je me suis dit à un moment donné : « J'espère avoir fait le bon choix ». Mais après, je n’ai douté ou remis les chosesen question à aucun moment. J'ai pris cette décision et je m’y tiens. Et si cela ne marche pas, je ferai quelque chose de différent l'année prochaine.Mais cette année j'ai décidé de faire comme cela. Même quand Eric est venu me voir en me disant : « Ce serait peut-être bien que tu joues un tournoide plus », j'ai répondu : « Je suis parti dans cet esprit. Je m'y tiens ».

Q. C'était après quel tournoi ? Après Rome ?
R. Oui, Rome.

Q. Tu disais que tu voulais aussi trouver des repères sur le court. Un court central sur lequel par définition tu n'as pas beaucoup joué dans ta carrière, on al'impression que tu l’as apprivoisé assez vite et cela accentue la différence entre Rochus et toi qui avais l'air perdu et toi à la maison.
R. Je ne sais pas si c'était la première fois pourlui. Mais quand on joue pour la première fois sur ce court, on se sent perdu parce qu'il est très grand. Sur terre battue, il est important d'avoir des repères dans le sens où, quand on est trop loin, on n'a pas d'efficacité, et à l'intérieur,le vent tourne beaucoup et il est difficile de contrôler la balle. Le fait de beaucoup jouer dessus me permet d'avoir un avantage sur les adversaires qui n'y ont pas joué.

Q. C'est un court qui te plaît ?
R. Oui, il me plaît. Il commence à tous me plaire ici.

Q.Aujourd'hui, est-ce que tu te dis : Je passe en deuxième semaine, c'est déjà contrat rempli ou il y a un goût de « pas assez » ?
R. Quelqu'un veut lui répondre ?! (Rires)
Non, avec moi il n’y en n'a jamais assez. Comme je l'ai déjà dit avant le tournoi... Personne ne pensait que je pouvais évoluer comme cela sur terre, on m'a beaucoup posé cette question en me disant : « Qu'est-ce que tu espères, qu'est-ce qui serait bien pour toi ? De faire huitième de finale, quart de finale ? Gagner, ce ne serait pas bien ? » . C’est comme ça que je vois les choses. Je me dis que je fais le maximum et après, je vois ce qui se passe.

Q. Quand on se retrouve en deuxième semaine, est-ce un autre tournoi qui commence ?

R. Non, c'est un tournoi qui continue. Tous les matches que l'on a eus auparavant comptent dans le sens ou le moins tu as passé de temps sur le terrain, le mieux tu es pour la deuxième semaine. Non, c'est toujours le même tournoi.

Q. Tu ne te sers pas un petit peu quand même des sceptiques ou des critiques sur ta possibilité de bien jouer sur terre, pour te sur-motiver ?
R. Non, pas spécialement, je crois que je n'ai pas besoin de cela pour me motiver. Je joue pour moi et moi seul. Depuis quelques années, j'entends de-ci delà : « Il n'est pas capable ».Forcément, cela me touche dans le sens où je me dis : « pourquoi ils disent cela, il n’y a aucune raison ». Je montre à tout le monde que je suis capable de le faire.
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