Samedi 30 Mai
A. RODDICK/M.GICQUEL
6-1 6-4 6-4
Q. C'est lapremière fois qu'un américain arrive à ce niveau. Que penses-tu de tes chances ?
R. J'ai plus de chances que les années précédentes.C'est vrai, je me sens bien justement.
Mais il y a encore beaucoup de travail à faire certainement.
Q. Andy, que penses-tu des raisons pour lesquelles c'est arrivé ?
R. C'est la confiance sûrement, j'ai bien joué.J'ai bien joué également en début d'année. Justement ce qui m'intéressait,c'était le match que je jouais, la forme physique compte beaucoup. J'ai gagné des matches plus tôt dans l'année également, peut-être que je suis un peu plus patient. Cela aide. Mais à part cela, je ne sais pas. C'est peut-être le timingqui sait ? Je n'en sais rien. Les années précédentes, j'aurais peut-êtrepu aller plus loin. Je m'en sentais capable en tout cas. J'aurais pu passer en deuxième semaine.
Q.Félicitations ! Il y a une certaine forme de fierté aujourd'hui d'êtrearrivé à ce niveau ?
R. Oui sûrement. Ma réponse est oui.
Q. Tu t’essenti parfois un peu gêné parce que tu n'étais pas passé aussi loin ?
R. Peut-être en tout cas, j'étais plutôt très déçu les années précédentes. J'avais l'impression de revivre la même histoire. C'était à chaque fois les mêmes conférences de presse, pendant 4 ou 5 ans.C'est ce qui est décevant. Plus tôt cette semaine, j'ai dit que si je retirais Roland Garros, mes résultats sur terre battue ne sont pas aussi mal que cela.Si l'on compare entre des joueurs qui jouent mieux sur la terre, de façon générale, je m'en sors quand même.
Q. Andy, peux-tu parler de tes services et de la façon dont tu les envisages aujourd'hui ?
R. Je varie plus mes services aujourd'hui. Il faut s'adapter aux conditions, c'est ce qui compte sur cette surface. Aujourd'hui, j’avaisle vent dans mon dos, je faisais plus de kickés, et mon premier service était très bon. Les premières balles rebondissaient énormément et donc plus de kicks.J'ai plus varié mes premiers services.
Q. Tu pensais peut-être à d'autres choses plus importantes pour toi en ce moment. Comment as-tu pu rester concentré ?
R. Je ne sais pas. Ma femme pourrait vous le dire mieux que moi. J'étais cependant concentré. Notre vie se déroule, comme quand nous étions fiancés, rien n'a jamais changé. Mon plan était de me fiancer.Sinon, j'étais bien concentré quand même. C'est une autre histoire de toute façon. En ce qui concerne le mariage et le reste, je me suis entraîné. Je n'ai pas pris 6 semaines d'affilée, mais juste un jour pour cela. Rien n'a changé. La plupart des personnes avec qui je parle de cela, disent que rien ne change vraiment tant que l'on n'a pas d'enfant. Et nous sommes loin d'avoir des enfants elle et moi. Pour l'instant, la question n'est pas valable.
Q. Y a-t-il un aspect de ton jeu qui te satisfait plus que quoi que ce soit d'autre ?
R. La façon dont je me suis déplacé et mon coupdroit. J'ai atteint un niveau de confort. Je peux le faire quand j'ai engrangé beaucoup de matches en terre battue sinon je me sens parfois un peu maladroit.J'ai toujours dit cela. Lorsque je joue bien sur terre battue, cela passe.C'est en fait lorsque je ne me sens pas très bien que je suis un peu inhibé ou bloqué. Ce que j'ai fait cette semaine sur terre, cela a bien marché, c'est ceque je faisais notamment sur surface dure. J'ai fait des bons services, desbons retours également. Là, cela s'adapte à n'importe quelle surface.
Q. Il faut gérer les conditions également lorsqu'il y a deux semaines. Qu'en est-ilde cette surface ? Est-ce encore plus le cas ? Premier match, il faisait chaud, deuxième match cela collait plus dans la raquette, troisième match, il fait chaud. Qu'en est-il des conditions sur terre battue ?
R. Vous le savez tous, j'aime bien quand les balles rebondissent beaucoup, qu'elles giclent, quand il fait du soleil. Ce n'était pas le cas pour le deuxième tour, il faisait froid. Il y avait même un peu depluie. J'ai essayé de passer le mieux possible cette journée. Sur terre battue,les conditions comptent. C'est vrai notamment pour ce Grand Chelem. En Australie, c'est différent. C'est plutôt la chaleur. Il faut rentrer dans le jeu malgré la chaleur, c'est plus difficile. Concernant le fait d'engranger des points, Roland Garros dépend beaucoup du temps qu'il fait dehors.
Q. Pour l'instant, c'est très bien, ce n'est pas comme à Chigaco ?
R. J'espère que non, en effet.
Q. As-tu déjà l'impression d'être un peu béni parce que les Américains n'ont vraiment pas de chance en ici en France ?
R. C'était mon objectif de passer en deuxièmesemaine en tout cas. En début d'année j'en avais parlé déjà. Je voulais alleren deuxième semaine. Mon tournoi n'est pas encore terminé. Je veux continuer comme cela. C'est tout. La semaine prochaine, je n'ai rien de prévu. J'aimeraisrester là justement sur ces courts.
Q. Monfils semble mener pour l'instant, c'est vraiment un athlète. Souhaiterais-tu parlerd'un match possiblement contre Monfils ?
R. Cette semaine, nous avons déjà parlé de cela, on a parlé de la surface qui neutralise un peu mon jeu. Je suis donc encore plus exposé vis-à-vis d'un joueur comme Monfils qui est à l’aise sur la terre battue. Pour l'instant, il passe très bien ; l'année dernière également. Apart cela, j'ai ma chance à jouer également quel que soit le match. Je peux très bien servir quelle que soit la surface. S'il y a des points d'égalité,peut-être que mon expérience fera la différence. J'ai déjà géré de telle situation, cela fait longtemps que je les gère. Du point de vue match contreMonfils, cela va être dur parce qu'il joue très bien sur terre battue. J'ai ma force dans mes coups.
Q. Si c'est Monfils sur le Chatrier, que vas-tu essayer de faire ? Le ralentir unpeu ? Jouer la montre ? Rentrer dans le jeu ?
R. Cela dépend, tout peut arriver avec lui. Je vais rester présent sur le court, c'est certain. Je ne vais pas m'énerver, faire cela contre lui notamment avec la foule... Je ne vais pas m'énerver, je vais jouer chaque point.
Q. Justement Andy, cette atmosphère de la Coupe Davis, qu'en penses-tu ?
R. Peu importe. Si je suis sur le court 2, s'il fait froid, peu importe. Si je suis sur le Lenglen, peu importe. Je ne veux pas trop me la jouer, mais j'ai déjà joué sur tous les courts que ce soit la Coupe Davis ou d'autres Grands Chelems, ou une foule qui me soutient ou qui est contre moi. Peuimporte, ce qui est bon chez moi, c'est que rien ne me choque quels que soient les événements autour du match. Bien sûr, j'aimerais le soutien de la foule,quoi qu’il en soit, c'est bien quand elle a un rôle à jouer également. Ce qui arrivera. Je n’en suis pas sûr. Si la foule soutient le gars d'ici… Il faut s'y attendre.
Q. Tu as parlé de ta condition, es-tu au meilleur de ta forme aujourd'hui ?
R. Si l'on parle de la saison, oui. En janvier, en Australie,j'étais en bonne forme. Cette année, j'ai travaillé chaque semaine et je crois que pour l'instant, je suis très constant du point de vue forme physique.
Q. Qu’en est-il de ton régime alimentaire ?
R. Il n'y a pas eu de changements de régime alimentaire. Je suis constant physiquement. Cette année, j'en suis conscient.Je sais ce que je dois faire. Les semaines où je suis sur le court, ou celles où je me repose, je sais quel est mon régime alimentaire. Je suis plus discipliné cette année.
Q. T’a-t-on dit quelque chose ? Y a-t-il eu un changement ? Quelqu'un t’a-t-il dit de perdre du poids ?
R. Larry m'en a parlé, c'est vrai. Pendant 5 ou 6 semaines, l'année dernière, je n'étais pas sur les courts.J'avais l'impression que c'était difficile pour moi de rentrer sur certains matches à Wimbledon et en été également. J'avais l'impression qu'après Cincinnati et même après l'US Open, je ne me sentais pas aussi bien. Physiquement, jen'étais pas présent. Cela a duré beaucoup de temps. Cela me faisait vraiment suer. Je n’avais pas d'excuses du tout. Après les Masters, j'avais 6 semaines pour m'entraîner. Généralement, je me sens vraiment en forme physiquement et je n'ai pas du tout cette sensation d'être vraiment en retrait après tous ces matches. C'était le cas pendant une certaine partie de l'année dernière.
Q. Tu viens ici depuis 10 ans, tu portes un crocodile. Qu'en est-il de ton Français ?
R. J'arrive à lire les menus, j'arrive à comprendre un peu. Lorsque l'on me parle, je comprends mais je suis loin du compte quand je dois le parler. J'arrive à lire les panneaux sur la route. Je pourrais survivre. Je ne vais pas très loin. En étant professionnel, ce qui est bien,c'est que je n'ai pas eu à retourner à l'école. C’est dommage parce que j'aurais peut-être eu l'occasion d'apprendre un peu de français à l'école.