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Roland Garros: Interview de Gilles Simon

Mercredi 27 Mai

G. SIMON/R. KENDRICK

7-5 6-0 6-1

 

Q.Est-ce ton match le plus abouti sur terre cette saison ?

GS: Je ne sais pas. Cela a été un des plus tranquilles en tout cas. Mon adversaire a eu vraiment une filière très offensive, aujourd'hui, surtout quand j’ai réussi à passer devant, il en a mis un peu partout. Après, j'avais juste à rester bien dans mon match. Mais cela a été agréable, pour une fois, sur le terrain je me sentais bien.

 

Q. Cela t’a fait du bien cette victoire en 1 h 30-34 ?

GS: A un moment, j'ai senti que j’étais dans le match, que j'allais le gagner, que j'étais bien. Ca, ça faisait un moment.

 

Q. Il y a juste eu une petite alerte à 5/5 15-40, c'est le seul moment un peu chaud du match en fait.

GS: C'est vrai que j'aurais bien aimé breaker d’entrée. J'ai deux balles de break, il les a bien sauvées avec 2 bons services, il peut très bien servir. Il s'est beaucoup appuyé sur ce coup sur les premiers jeux du match. Et, finalement, c'est lui qui a l'opportunité de me breaker à 5/5. De revenir dans ce jeu, cela m’a donné à mon avis la petite énergie, la petite secousse dont j'avais besoin pour passer devant ensuite.

 

Q. En termes de confiance, cela t’apporte encore plus de confiance ? Cela compte un troisième tour à Garros ?

GS: C'est sûr, cela compte. C'est bien, parceque j'étais très fatigué ces deux derniers jours. C'était le scénario idéal pour moi.

 

Q.Pourquoi cela a été plus facile qu'au Portugal ?

GS: Déjà, parce que je pense que lui aussi alâché à un moment, quand c'est devenu trop dur pour lui. Je me sentais de mieux en mieux, je commençais à le retourner tout le temps, il faisait de moins en moins de points gratuits avec son service. Aujourd'hui, il n'était pas particulièrement dans un bon jour. Alors qu'au Portugal, je me rappelle que j'avais déjà bien le match en main, je menais un set un break tranquillement, puis il avait élevé son niveau de jeu, il avait tout lâché et c'était rentré. C'était une autre fin de match. Aujourd'hui, quand il a essayé de frapper encore plus fort, de prendre encore plus de risques, il n’en a plus mis une dans le court.

 

Q. Vous sentez que vous êtes sur la pente ascendante vraiment après ces deux matches ?

GS: C'est surtout au niveau de mes émotions sur le terrain, où j'étais plus à l'aise sur le court. Ce n'est pas tellement au niveau du jeu. Au niveau du jeu je n'ai pas non plus l'impression d'avoir fait quelque chose d'extraordinaire aujourd'hui, c'est juste le fait de me sentir bien sur le terrain.

 

Q. On ne brûle pas les étapes, petit à petit ça progresse.

GS: Oui, c’est bien, j'ai eu un moment chaud,j'ai réussi à bien le gérer. C'était ce qu'il y avait à faire aujourd’hui.

 

Q.Comment as-tu vécu cette journée des enfants ? C'était un peu l'effervescence à la fin ?

GS: Oui, ça fait du bruit. La seule chose,c'est d'arriver à rester concentré. Maintenant, on a un peu l'habitude. Pour nous, c'est forcément plus agréable qu'autre chose.

 

Q.Hanescu, il y a un bon coup à jouer ?

R. Ca veut dire quoi ?

 

Q. Que ce n'est pas un adversaire qui représente un obstacle insurmontable pour toi.

GS: Non, mais je ne m'attendais pas forcément à avoir un obstacle insurmontable au troisième tour non plus. Je pense que c'est un joueur qui est très sous-estimé, il joue très bien sur terre battue, il a de très bons résultats. Moi par exemple, je n'étais pas surpris du tout qu'il gagne aujourd'hui, même si je sais que cela en a surpris plusieurs. C'est un joueur qui a toujours été à l'aise sur terre battue. Je ne l’ai affronté qu'une fois en finale à Bucarest, c'avait été difficile. Même si je sais que ce match est à ma portée, je ne m'attends pas à un match facile.

 

Q. Après cette victoire, penses-tu qu'il y a véritablement un déclic psychologique qui peut te permettre de... ?

GS: Non, c'est juste que j'essaie ces dernier temps de faire tous les efforts pour essayer de gagner mes matches. Il y a un moment où il faut bien que ça arrive.

 

Q. Une question un peu bizarre, quel est le rôle du cerveau en tennis ?

GS: Là, tout de suite ? Comme ça ? Jene suis pas chaud ! (Rires).C'est forcément ce qu'il y a de plus important, mais cela paraît évident, c'est ce qui contrôle tout le reste. C'est ce qu'il y a de plus difficile à raisonner. Mais je trouve que cela peut être une arme aussi, parce que finalement, quand on a peur, ce sont vraiment des émotions que l'on ressent, à la limite on ne peut pas lutter contre, on ne peut pas se dire qu'on n'a pas peur quand on a peur. C'est là que le cerveau aide, il faut qu'il ne fatigue pas trop.

 

Q. Pour revenir sur Hanescu, il y a 2 ans à Bucarest, c'est un bon souvenir. On peut puiser dans ce match ou est-ce qu’en 2 ans il s'est passé trop de choses ?

GS: Je pense que c'est un joueur qui a gardé lemême fond de jeu. Oui, forcément, je peux me servir de ce match-là. Il faudrait principalement arriver à le bouger, ne pas jouer trop doucement parce que quand il est sur la balle et quand il est en appui, il est vraiment très bon, très présent sur ses coups. Il est un peu moins à l'aise dans le déplacement. Je pense que pour moi, l'objectif va être de réussir à le bouger un maximum.

 

Q. Je vais continuer à t'embêter. Quand on voit des joueurs comme Murray, Santoro, ce sont des joueurs qui jouent plus avec leur cerveau que leur bras. Tu te situes où ?

R. Je ne pense pas forcément, ce sont des joueurs qui n'ont pas forcément... c'est différent, ils ne s'appuient pas tellement sur leur force. C'est surtout ce la qui change. Ils préfèrent s'appuyer sur ce que l'autre fait de moins bien. C'est pour ça qu'on a l'impression qu'ils peuvent jouer différemment, alors que d'autres trouvent plus rassurant de poser leur jeu quoi qu'il arrive, que ça marche ou non, et de faire comme ça tout le temps. C'est juste une façon différente de vouloir jouer sur le terrain. Je pense qu'à force, d'avoir simplement cette vision en rentrant sur le terrain, ils développent cette faculté d'analyse où ils voient plus tôt que les autres tout de suite ce qui va gêner l'adversaire.Je me situe plutôt là-dedans aussi. J'ai du mal à poser mon jeu de base. Je suis plus en réaction par rapport à l'adversaire.

 

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