M.29/03/09 Federer/Kiefer 6-4 6-1
Q: Vous jouez Taylor Dent. Etes-vous surpris qu'il soit de retour après tout ce qu'il a vécu? Il a dit qu'il se souvenait qu'il vous avez battu chez les juniors. RF:Oui, je m'en souviens aussi.
Q: Vous lui devez une revanche maintenant, c'est juste? RF: Ecoutez. Je ne sais pas si je devrais être surpris qu'il soit de retour. Il devait prendre sa retraite?
Q: Non, il était arrêté. Il a eu des problèmes physiques et tout cela. RF: Je ne sais pas à quel point c'était grave. Je suppose que ca a du être très grave pour être arrêté depuis si longtemps. Nous nous connaissons depuis un long moment, mais nous ne trainons pas souvent ensemble.
Nous ne nous sommes jamais rencontrés sur le circuit.
Mais c'est bien de le voir de retour. Il a toujours été un adversaire dangereux parce qu'il jouait agressif, offensif et le match dépendait de quelques passings ici et là.
Ca va être interessant pour moi de voir comment il joue. Comme je ne l'ai jamais joué, je ne peux pas comparé son jeu avant et après sa blessure. Je m'attends à un bon match.
Q: Quelles ont été les circonstances de votre rencontre. Que vous souvez vous de lui lorsque vous l'avez joué en juniors? RF: C'était à Wimbledon, en demi-finale. Il y avait des agents partout. C'était excitant de nous voir jouer tous les deux.
Je veux dire, son père est connu, il vient du tennis.
Il avait peut-être déjà signé avec IMG. Je ne suis pas sur. C'était un match que le public et les agents voulaient voir. J'ai perdu en 3 sets. Ca a été un match correct. Je crois qu'il a beaucoup servi et volleyer. Je me rappelle d'une anectode rigolote: je crois qu'il devait jouer son 1e tour de junior, le même jour que son père jouait le 1e tour chez les seniors.
Tout le monde s'attendait à ce qu'il ne joue pas à cause de cela, parce que son père était aussi son coach. Alors le planning était un peu étrange pour lui.
En tout cas, j'y allais pour gagner. Je ne suis pas sur qu'il ait remporté Roehamton. Il l'a gagné? Je crois qu'il a perdu en finale... je ne suis pas sur.
Q: A cette époque, on vous connaissait pour votre caractère. Est-ce que vous avez perdu votre sang froid durant le match. RF: Je ne m'en souviens pas, en fait.
Q: Il nous a dit que lui l'avait perdu. RF: Ah oui? Il a perdu son calme? C'est bien ça (rire). J'espère qu'il va faire pareil demain.
Non, je me souviens simplement que ca n'était pas l'un de mes meilleurs matchs. Les points étaient si courts... Nous avions peut-être chacun experimenté 5 matchs sur herbe avant cela... C'est ce que nous avions dans les jambes...
Q: Est-ce que vous vous permettez d'avoir de l'empathie pour quelqu'un comme lui, qui est de retour sur les courts après avoir été blessé, ou bien n'y pensez-vous même pas? RF: Ca risque de faire surface... Je suis heureux qu'il soit de retour, et qu'il joue bien.
Mais j'étais plus comme cela lorsque j'emergeais... Je pensais des choses du genre:" je viens de Suisse, j'ai la vie belle. Le tennis, c'est fun, mais ca n'est pas tout pour moi. Alors, si le mec joue mieux, c'est qu'il mérite la victoire." J'avais plus cet état d'esprit lorsque j'étais jeune.
Aujourd'hui, c'est différent. Je veux juste jouer bien et espérer gagner. Bien sûr, je suis heureux qu'il joue bien et qu'il soit revenu dans le top 50, mais il n'a pas besoin de me gagner dans le prochain match pour le faire. Il a d'autres tournois.
C'est la manière dont je le vois. Dans le tennis, tu as plusieurs opportunités. C'est une vraie épreuve pour lui, lorsque nous nous jouerons.
Q: Vous avez un peu parlé de la paternité, à Indian Wells, et quelques joueurs ont gagné des majeurs en étant papa... mais pas tant que cela à l'Us Open ni Wimbledon, là où vous avez le plus de succès. Avez-vous songé à la manière dont tout cela va évoluer? Mirka joue un grand rôle dans votre équipe. Elle va être très occupée. Comment pensez-vous que tout cela va fonctionner? RF: Je pense qu'elle va simplement laisser tomber tout ce qu'elle faisait jusqu'ici pour devenir une mère. C'est ce qu'elle a toujours voulu être. Elle a toujours été occupée... elle sera simplement occupée d'une manière différente.
Elle m'a dit qu'elle espérait continuer à voyager autant que possible. On verra bien comment cela va fonctionner. On en sait rien. Je suis sûr qu'on trouvera des solutions. Nous avons les fonds financiers... pour le voyage, on peut se simplifier la vie, et aussi pour les hôtels.
Alors c'est super... mais, on même temps, c'est l'état d'esprit le plus important. Nous sommes tous les deux relaxés, heureux, et impatients et, je crois que c'est la raison pour laquelle ca va marcher. Je n'ai jamais eu peur de ne pas pouvoir jouer une fois que l'enfant sera là. Ca ne m'est jamais venu à l'esprit, pour être honnête.
Q: Mais le tennis est un sport très personnel. On doit se concentrer sur soit-même... alors, avec un enfant... RF: Oui, en ce qui concerne le tennis... Je continue à prendre les décisions qui sont bonnes pour mon jeu. J'ai une équipe. Il suffit juste de rajouter un membre de plus, et tout ira bien.
Q: Après le tournoi de Miami, vous entamerez la saison sur terre battue. Vous entrainerez-vous d'une manière différente pour tenter de remporter votre premier Roland Garros? RF: Cette année? Je ne sais pas si je vais m'entrainer d'une manière particulière. C'est toujours le même planning. Une préparation différente aurait été de ne pas jouer Miami, par exemple.... pour prendre plus de temps pour me préparer à la saison sur terre battue.
J'ai pensé à cela cette année. Mais, en même temps, j'aime ce tournoi. J'y ai bien joué les années précédentes. Je crois que, ce qui est le plus important est de gagner des matchs. Ca ce qui donne de la confiance.
C'est la chose essentiel dans notre jeu. Cette année, j'ai planifié de jouer Madrid et Rome. Je vais juste m'entrainer un peu plus parce que nous n'avons pas joué sur terre battue depuis 8 mois, peut-être, ou 9....? Alors, ca va être compliqué pour chacun de nous.
Q: Jo Wilfried Tsonga. J'ai une question sur lui... A quel moment un joueur passe de statut de "dangereux", au niveau suivant? RF: La régularité, c'est la chose la plus important. Je crois que chaque joueur jeune et qui monte, est dangereux pour le top, parce qu'ils n'ont peur de rien. C'est ce qui les rend dangereux. Spécialement lorsqu'ils aiment les grandes rencontres, le central, et les sessions de nuit contre les joueurs du top.
C'est là où c'est dangereux pour nous et c'est pourquoi ce n'est pas un avantage pour nous.
Mais c'est un joueur particulièrement bon lors des moments importants. Je crois qu'avec l'âge, tu es capable de te motiver et rester calme sur une plus longue période.
Je me souviens, lorsque je commençais à percer, j'ai eu de belles victoires. Mais dès les 1/4 de finale et les demi-finales, j'étais déjà tellement fatigué par la pression et le fait de cotôyer les pros, et de les jouer....Avec toutes ces émotions, je me retrouvais à plat dès les quarts de finale.
Alors, après tu apprends à canaliser ton énergie et à connaître les moments où tu peux t'enflammer. Tu n'as pas à le faire après chaque point. C'est ce que je faisais avant. Soit je commentais chacun de mes points, ou alors je devenais super heureux après chaque point. Je gaspillais beaucoup d'énergie en faisant cela.
Q: Lorsque vous vous rendez à un match ou simplement à l'entrainement... vous avez tant gagné... Est-ce qu'il vous arrive de penser "Je veux vraiment gagner ce match." Est-ce que c'est toujours une compétition ou bien est ce que cela devient une mise en pratique? " J'aimerais faire cela, etc..." Est ce que vous éprouvez toujours cette envie? "Je veux gagner ce mec..." RF: Hum... je ne sais pas. J'aime simplement gagner, alors, peu importe qui est en face de moi. J'aime la saveur de la victoire et jouer un bon tennis.
J'aime bien jouer et gagner, il n'y a pas de doute. Comme aujourd'hui: je frappe des bons coups, et je finis par gagner le match, alors je suis satisfait. C'est bien mieux que de renvoyer la balle et attendre que l'autre face la faute.
Ca n'a jamais été mon jeu. Alors, je n'ai pas ce genre de problème. J'aime aller chercher ma victoire. Comme cela, si tu gagnes, tu es heureux, et si tu perds, c'est quelque chose qui arrive dans le tennis. Tu ne peux pas tous les avoir. Mais tu dois produire les meilleurs de tes coups et c'est ce que j'essaye de faire en me préparant de la meilleure des manières possibles.
Et puis, jouer devant les fans, je trouve cela stimulant, pour moi en tout cas. Surtout maintenant que j'ai tant de fans à travers le monde.
Q: Vous nous avez parlé de votre préparation pour Paris. Quand vous avez gagné l'Australie, il y a eu tant de conversations autour de cela parce que vous étiez si proche de remporter le Grand Chelem...Est-ce qu'on peut dire qu'aujourd'hui, vous avez un peu mis Paris de côté? L'avez vous placé en arrière plan, un peu plus que les autres années? RF: Que voulez-vous dire?
Q: En ce qui concerne le fait de ne pas y penser avant? Vous avez vraiment besoin d'y penser? RF: Non, je l'ai placé juste après Miami. Je me prépare depuis décembre et, en général, en Février je commence à me préparer pour les grands rendez-vous, et Paris en fait parti.
Alors, c'est dans le fond de mon esprit, vous savez, mais ce n'est jamais vraiment d'actualité tant que je suis sur une autre surface.
Cette année, ca a été plus facile parce que je n'ai pas joué entre l'Australie et Indian Wells et ca m'a fait 6 semaines sans les questions de la presse, et sans avoir à parler de Paris.
Et puis, je suis arrivé à Indian Wells et Miami, où je dois parler du bébé, de Darren Cahill, mon retour... sans jamais parler de Paris... c'est peut-être ce qui vous fait croire que je n'y pense pas.
Mais mon état d'esprit est le même, quelque soit le stade de la saison. Au moment où je pose un pied sur terre battue, les choses sont différentes.